L'ogre au pull vert moutarde

de Marion Brunet

Sarbacane – collection Pépix - 2014

Abdou vit dans un foyer pour enfants, et fait plus précisément partie du groupe des Myosotis. Avec Yoann, son meilleurs ami, il adore embêter les adultes : directeur (infâme de toute façon), éducateurs (forcément bienveillants, mais parlant un français un poil trop technique) et veilleurs de nuit. Justement, un nouveau gardien vient d’arriver et Abdou se réjouit : va-t-on lui offrir « la feinte du serpent » ou « l’attaque nucléaire » ? Abdou n’est toutefois pas au bout de ses surprises…

D’emblée, le merveilleux est accepté : oui, le nouveau veilleur est un ogre, et, à force de manger des vieillards maigrichons dans les maisons de retraites, il meurt de faim. Rompu aux techniques de psychologie les plus fines - destinées ordinairement à faire parler les enfants malheureux du foyer -, Abdou va tenter de faire patienter l’ogre. Ce dernier se met alors à raconter son enfance : lui aussi est une victime, moqué et rejeté pour un simple détail physique !

C’est cette seconde partie, et la fin réjouissante, horrible, qui m’ont convaincue. Les premiers chapitres, entrecoupés de longs bonus la plupart du temps composés sous forme de listes, heurtent trop le rythme et m’ont fait perdre le fil alors que justement, l’histoire débutait.

Après, il y a vraiment de l’impertinence dans cette nouvelle collection-là : recette de l’ogre pour assaisonner un papi à dentier, considérations par-dessus la jambe à propos des services sociaux, j’en passe et des meilleurs. Heureusement, l’amitié triomphe (l’union fait la force) et la justice aussi, quoique pas tout à fait là ou l’on attendait. Ecrit presque comme on parle, illustré avec originalité par Till Charlier (La boulangerie de la rue des dimanches, chez Grasset jeunesse), le roman est surprenant, certainement novateur : de quoi dynamiter les vieilles légendes et attirer les jeunes lecteurs de 9-11 ans !

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