La Boulangerie de la rue des dimanches

De Alexis Galmot

Illustré par Till Charlier

Grasset jeunesse – mai 2011

12,50 euros

 

Jack connaît une enfance pauvre auprès de parents musiciens certes amoureux mais complètement en-dehors des réalités matérielles. Très vite orphelin, il n’a pas d’autre choix qu’un diplôme de boulanger-pâtissier. Gravement malade à cause d’une peinture au plomb ingérée petit, il n’a le temps d’apprendre à confectionner que les baguettes pas trop cuites et les religieuses au chocolat. Ce qui, combiné à quelques conseils de son maître, va lui suffire. Jack devient le prospère propriétaire d’une petite boulangerie parisienne, faisant littéralement la pluie et le beau temps dans sa rue. Bien sûr, il ne lui manque plus que l’amour… Les Quatre Saisons de Vivaldi l’y mèneront à petits pas.

 

Deux jeunes auteurs pour un ouvrage cartonné à l’aspect ancien, une histoire désuète façon Roald Dahl sentimental et des illustrations sépia qui rappellent par instants Peynet : autant dire une petite exception dans l’édition ! Le héros Jack, suivi par un narrateur externe, avance dans la vie un pied dans la société, un pied dans ses rêves. Soucieux de gagner son pain (c’est le cas de le dire), il n’a cependant aucun contact amical. Prompt à tomber amoureux, il ne sait comparer sa fiancée qu’à un gâteau de pâtissier. Le lecteur ne se prend pas tout à fait d’empathie pour ce drôle de petit personnage, pourtant symbole de la résilience. Simplement, son histoire un peu fantastique emporte, fascine entre deux fleurs et trois larmes : c’est tout simple et donc très beau. Le conte merveilleux n’empêche pas de dispenser quelques leçons philosophiques : savoir profiter du temps qui passe, croire en ses capacités tout en acceptant ses limites… autant de conseils qui parleront peut-être davantage à des adultes qu'à des jeunes lecteurs. Le récit bien sage à la langue gracile vrille agréablement dans les dernières pages, Lady La Loola pouvant passer pour une Lady Gaga soft, diva américaine en goguette à Paris.

 

Original, un brin mélancolique, La Boulangerie de la rue des dimanches se lit avec nostalgie pour les plus grands, avec surprise pour les enfants à partir de 8-9 ans : du plaisir doux garanti pour tous !

 

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Un regret : Jack ne sait pas faire le friand croustillant à la viande, si cher à Fantasia...

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