Le Livre de Saskia, tome 2 : L'Epreuve

De Marie Pavlenko

Scrineo Jeunesse – mars 2012

Saskia, jolie rouquine de dix-huit ans à la vie lycéenne sans soucis, vient de vivre son Réveil : elle découvre qu'elle est une Enkidar de la race des Faucheurs, possède des ailes et des dons, ainsi qu'une pierre magique protectrice (un kartan). Dans le même temps, elle perd brutalement sa mère adoptive et trouve un bel amant, Tod, prince Faucheur. Saskia semble un être particulier, peut-être à mi-chemin entre les Faucheurs et les Gardiens (les premiers récupèrent le dernier souffle des humains, les seconds les empêchent de mourir), et seule capable de les réconcilier. Toujours est-il que des Enkidars sectaires se mettent à la poursuivre pour la tuer. Tod conduit alors Saskia au Nid dont son père est le chef. La jeune fille y retrouve dans l'émotion son père biologique. Mais elle a beaucoup de mal à se plier aux us et coutumes des habitants du Nid...

J'ai beaucoup aimé le premier tome, qui mêlait habilement la vie humaine avec un monde de fantasy pas trop trop complexe. L'auteure jouait sur l'effet de découverte, sur le décalage entre nous et les Enkidars. Il y avait de l'angoisse, de l'émotion, mais aussi des moments de quotidien amusants et une narratrice Saskia qui restait circonspecte face à son nouvel état (lequel ne se déclarait d'ailleurs qu'à la fin du roman). Nous la retrouvons ici complètement gaga de Tod, et le premier quart du roman m'a subtilement agacée : encore une cruche incapable de se prendre en main ! Heureusement, Tod la bat froid – pas parce qu'elle le colle comme une glu, mais pour des raisons que nous ne saurons que plus tard dans le roman – et elle est obligée de se débrouiller un peu toute seule. Non sans en vouloir à la terre entière, remarquez. Mais enfin, bon gré mal gré, le roman reprend son souffle, le lecteur continue à s'interroger sur la place de la jeune héroïne dans le monde violent des Enkidars. Les dernières pages recèlent leur lot de révélations, et je suis contente d'être allée au bout rien que pour cela. Et puis, l'écriture rythmée, captivante ne s'est pas démentie, m'entraînant irrésistiblement vers le troisième et dernier tome, censé se passer à Paris. J'espère qu'on y retrouvera ce mélange des genres réaliste/fantastique qui m'avait tellement plu dans le premier roman.

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