Le Livre de Saskia, tome 1 : Le Réveil

De Marie Pavlenko

Scrineo Jeunesse – 2011

Saskia vit avec sa mère adoptive dans un petit village de la grande banlieue parisienne. Jeune fille globalement heureuse, elle est cette année toute entière concentrée sur son baccalauréat littéraire. Mais voilà qu’apparaissent deux nouveaux lycéens, Tod et Mara, qui, sous couvert amical, ne cessent de la suivre. Exaspérée, Saskia les pousse dans leurs retranchements. Elle apprend ainsi qu’elle est une « Enkidar », dotée d’un don qu’elle découvrira, liée fortement à une pierre qu’elle porte depuis toujours sur elle, et qu’il va bientôt lui pousser des ailes ! Les informations sont dures à avaler, même si Saskia se doutait que sa pierre, son « Kartan » avait des propriétés inconnues. Reste à savoir si elle deviendra une Faucheuse comme Tod, chargée de recueillir le dernier souffle des morts, ou une Gardienne, dont la tâche sera d’empêcher les hommes de se mettre en danger. En attendant, Saskia va être poursuivie par des membres d’un Surclan, qui semblent mal supporter ses prédispositions exceptionnelles.

J’ai découvert Les Haut-Conteurs il y a peu, et je continue mon exploration des éditions Scrineo, que j’avais bizarrement oubliées l’an dernier. Je continue à ne pas être déçue… Il ne s’agit pas ici à proprement parler d’anges christiques, tant mieux, la lutte entre le bien et le mal commençait à m’énerver. Ici, il fait aussi bon être un Faucheur qu’un Gardien. Nous sommes en présence de beaux et vigoureux jeunes gens, mais si Tod est bien sexy en diable, la narratrice Saskia se montre sous les traits d’une suffisamment bonne fille, bonne copine et bonne élève légèrement torturée pour ne pas faire de ses hormones le centre de sa vie. Elle admet qu’elle deviendra une Enkidar, mais ce n’est pas sans peine. J’ai adoré ce réalisme, ce côté méfiant qui permet à l’intrigue de se poser lentement, entre deux révisions d’anglais et une sortie du chien dans la forêt. Le combat final en Inde, avec son drame irréparable, en apparaît d’autant plus non pas crédible, mais naturel, coulant dans le déroulement d’une découverte progressive. Alors oui, le « Réveil » de Saskia au beau milieu de la bagarre, c’était sans doute un peu trop, mais on pardonne beaucoup à Marie Pavlenko, tant on la sent capable de parler aussi bien fantastique que psychologie adolescente. Bien écrit, avec juste ce qu’il faut de relâchement correct, ce premier tome est très très prometteur !

 

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Le réveil ?  Quel réveil ?...