La Maison de soie

D’Anthony Horowitz

Traduit de l’anglais par Michel Laporte

Hachette – novembre 2011

16 euros 

Anthony Horowitz aurait aisément pu casser sa plume sur le mythe Sherlock Holmes. Prudent, il s’est glissé dans la peau d’un Watson à peine plus prolixe que d’habitude sur le mystère que représente le grand détective (« Vous auriez montré une goutte d’eau à Holmes et il en aurait déduit l’existence de l’Atlantique. Vous me l’auriez montrée à moi et j’aurais cherché un robinet. C’était la différence entre nous deux. » p. 223). On ne voit d’ailleurs pas ou peu Holmes durant toute une partie dramatique ; le lecteur aura bien quelques hésitations sur la faiblesse de son héros, mais le retrouvera comme d’autres fois en très grande forme.

Quelles différences avec l’original, alors ? Et bien, Holmes montrera du cœur – ou plutôt Watson en devinera – envers des jeunes des rues. Il affirmera à haute voix sa rivalité avec Lestrade : « - Si jamais j’en arrive à avoir besoin de l’inspecteur Lestrade, murmura Holmes après son départ, alors c’est que les choses auront joliment mal tourné pour moi. » (p. 94). Bref, le grand esprit scientifique se révèlera un tantinet plus humain que dans les romans de Conan Doyle. Quant à l’écriture – pour moi excellente – et l’intrigue – bluffante -, elles respectent complètement la tradition. On se demandera cependant si, dans le contexte social où il écrivait, le respectable Doyle aurait osé une telle résolution, pourtant très réaliste.

Je ne sais pas ce que les puristes penseront de cette Maison de soie, mais Fantasia n’a pas boudé son plaisir !

Publication simultanée en littérature générale chez Calmann-Lévy

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