Crimes et jeans slim

de Luc Blanvillain

Quespire éditeur - 2010

Hachette - collection Le Livre de poche jeunesse - 2013

petits coeurs

Enfant sage à la maison, Adélaïde se transforme en « pouffe » au collège pour qu’on la laisse tranquille. Mais quand un tueur s’attaque en série aux filles les plus populaires de l’établissement, elle se demande si son habillement est bien pertinent…
Nous suivons l’étonnante héroïne dans de petits chapitres ; un narrateur omniscient opte souvent pour le discours indirect libre. Par ce biais à la fois loin et proche, Adélaïde se révèle une héroïne pas piquée des vers, adolescente réfléchie voulant survivre à la jungle collégienne. Ce monde scolaire est largement décrit, au cœur des préoccupations du roman. Il peut être extrêmement drôle mais aussi sans concessions dans son versant féminin, terrifiant de justesse. L’écriture acérée et pince sans-rire de Luc Blanvillain le dévoile d’ailleurs à ravir : « Les faits : une fois par semaine, Mélanie Barbier suivait un cours particulièrement pétassien. Un cours de danse hip-hop, qui lui permettait, dans les soirées d’anniversaire, d’humilier les autres invitées, dès qu’elle posait un pied sur le dance-floor. » (p. 37).
L’histoire policière est assez bien ficelée, parsemée de fausses pistes, fantaisiste puisque les éléphants du zoo y trouvent même leur place. On en oublierait presque qu’il s’agit de meurtres de jeunes filles… L.’identité du tueur (un mystique qui s’exprime dans de petits interludes réguliers) est gardée secrète jusqu’à la fin, Adélaïde nous dépassant alors brusquement dans sa compréhension des événements. Un roman décalé, clairvoyant, captivant, dont il serait fort dommage de se priver !

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