Ma première rencontre avec les Folio junior Poésie est très ancienne. Fantasia n'était même pas une idée, j'avais huit ou neuf ans, et, peut-être parce qu'on y retrouvait un poème appris à l'école, on m'avait offert Le rire en poésie. Coup de foudre : de la couverture de Patrick Couratin aux notices biographiques, du rire bon enfant au rire grinçant, de la mise en page variée aux illustrations choisies, j'ai lu et relu ce livre.
Jusqu'au jour où ma mère, professeur, me l'a emprunté pour le prêter à des élèves. Quelques semaines plus tard, mon Rire en poésie est revenu dans un état lamentable. Décollé, presque déchiré, annoté... J'ai pleuré, pleuré ! On a voulu m'en racheter un. Las, il était épuisé. J'ai été obligée de remiser ma tristesse dans un coin de ma tête.
Quelques années plus tard, on n'avait pas oublié l'affaire et on me donnait enfin une réédition à la faveur d'une fête quelconque. Oui. Bien. Mais ce n'était pas le mien ! Ni le Petit Nicolas de la couverture ou les illustrations dynamiques, ni le nouveau supplément final n'ont vraiment consolé mon chagrin d'enfant. N'empêche que je relis quand même régulièrement Le rire en poésie, qui fut ma première rencontre avec cette formidable collection que sont les Folio junior Poésie, des petits livres de poche sachant piocher avec bonheur dans l'immense catalogue Gallimard.
Oui, je sais, Fantasia ne rigole pas, elle vient juste de se réveiller...