Le Passage des Lumières épisode 4 : Révélations

Le Passage des Lumières épisode 5 : Trahisons

De Catherine Cuenca

Gulf Stream – 2012 

Episode 4 :

Zélie a découvert que Léandre, parti combattre en Vendée, devait être guillotiné en juillet 1794. Elle voudrait le sauver, mais le passage vers le XVIIIème siècle au fond du chantier n’est plus utilisable et elle se désespère de jamais le revoir. Accompagnée de son oncle Fred, elle se rend alors au cimetière de Picpus où aurait été enterré son amoureux, et… tombe sur un nouveau passage. La nièce et l’oncle vont rester quelques jours à Paris en 1793, en pleine Terreur, pour tenter de retrouver Léandre. Ils découvrent un monde où la délation est reine, les procès expédiés et les séances de guillotine des spectacles prisés.

Episode 5 :

Les recherches à Paris vont s’avérer vaines, mais Zélie refuse de baisser les bras. Elle calcule l’écoulement du temps entre les deux époques, et repart bientôt à la fin juin 1794, quelques jours avant le décès présumé de Léandre. L’atmosphère tendue de 1793 s’est encore radicalisée et on guillotine sans discernement ; les provinces ne sont pas épargnées. Zélie se réfugie chez le père Joseph, désormais défroqué, et la gentille Albine. Le vieil homme a bien recueilli Léandre pendant l’absence de Zélie et les deux amoureux vont enfin être réunis. Mais Zélie et Léandre pourront-ils déjouer le destin ?

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La série tient ses promesses jusqu’à la dernière page, mêlant à nouveau action, émotion, et reconstitution historique de qualité. L’ensemble coule avec naturel dans le sens où l’auteure s’appuie sur l’Histoire-même pour impulser des éléments dramatiques ; le choix de la Terreur, période mouvementée, était effectivement un terreau fertile. Il y aura des rebondissements, des trahisons et des révélations comme le promettent les titres des deux tomes, et ils ne laisseront pas d’étonner notre regard du XXIème siècle. Le caractère sanglant de certains épisodes (les fosses publiques…) n’est pas anodin, mais pas effrayant non plus : juste faudra-t-il s’assurer d’une bonne compréhension par le jeune lecteur.

Léandre est bien sûr le grand absent de ces deux derniers tomes, et c'est l'impertinente et généreuse Zélie qui tient l'attention du narrateur externe. Les figures secondaires tournoient autour d'elle, affectueuses ou plus ambigües. L’ambiance enfiévrée de l’époque est traduite avec soin, de la justice folle à la population dont les bas instincts sont encouragés. Heureusement résistent dans l’ombre d’honnêtes gens, aux pas desquels - ou presque ! - s’attachera Zélie. L'astuce narrative finale ne manque pas d'inventivité, et de sublime aussi, combinant douceur et réalisme à l'égard du jeune lecteur.

J’ai quitté à regret cette lecture simple et cohérente, et surtout le petit couple Zélie-Léandre… Mais je continuerai à faire vivre la série en la conseillant encore et encore : ne nous y trompons pas, elle est destinée à durer !

La subtile Fantasia a noté (troisième photo) le bel effet des couvertures alignées, significatif de l'attention apportée par les éditions Gulf Stream à la réalisation de leurs ouvrages.

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