Soupçons

D’Hervé Mestron

Syros – collection Tempo + - juin 2011

5,95 euros

 

En tant que collégien, James cumule les raisons de se faire remarquer : il est nouveau, il porte les cheveux longs et il excelle dans toutes les matières. Dans l’idée de se faire davantage accepter, il organise chez lui une fête d’anniversaire. Et retrouve le cadeau de son grand-père, une statuette de soldat dans la famille depuis des générations, en mille morceaux. James est furieux. Puis intrigué et mal à l’aise : on lui vole aussi ses cahiers dans son sac, on y glisse des petites sculptures africaines dérobées au professeur de musique… Le jeune homme ne sait plus quoi faire.

 

Soupçons s’apparente à un petit roman policier. Il y a des événements mystérieux, le héros mène son enquête et trouve un/des coupables.

Mais l’histoire ne déroule pas que cet aspect : le narrateur James raconte aussi ses états d’âme, ses sentiments contrariés, ses relations aux autres. De caractère philosophe teinté d’ironie, il ne se plaint pas ; simplement, il observe avec acuité le monde qui l’entoure et explore les motivations de chacun.

De fait, narré au jour le jour dans une écriture dialoguée, vivante, Soupçons constitue une petite comédie humaine, familiale et de cour d’école, à lui tout seul. Sympa !

 

mestron

 

« Elle me parlait comme si j’étais un petit enfant ou un débile dangereux. Quelqu’un que l’on manipule avec des pincettes. Etait-ce Maria qui avait déterré puis fait disparaître l’enveloppe ? Elle m’aurait certainement donné la réponse, mais je ne pouvais pas me permettre de lui poser la question. Cela devenait infernal. J’ai rangé la Super-glu. Il se passait des choses anormales dans cette maison. » (p. 57)