La Roue

De Sandrine Kao

D’Hervé Mestron

Syros – collection Tempo - juin 2011

5,95 euros

 

Elise ne sait pas faire la roue. Ce ne serait pas grave, si la prof de gym ne le lui reprochait pas, et si les copines ne se moquaient pas gentiment. Mais Elise est mortifiée : on lui a dit que la maîtrise de la roue, c’était la maîtrise de la vie. Pourtant, la jeune fille est très responsable, s’occupant de sa petite sœur en l’absence d’une mère débordée et d’un père qui travaille à l’étranger.

 

L’idée est simple : cristalliser toute la problématique d’un personnage autour d’un élément précis, anodin, en l’occurrence ici une figure de gym. Mais Sandrine Kao ne s’arrête pas à son prétexte narratif et déroule (c’est le cas de le dire) toute une histoire terriblement juste, subtile.

 

Propulsée adulte trop vite, la timide Elise est une victime de la modernité. Face à des parents qui, englués eux-mêmes dans la complexité sociale, n’assument pas leur rôle, non seulement Elise compense – ménage, lessive, petite sœur, etc - mais elle culpabilise de ne pas être à la hauteur. D’où la focalisation sur la roue, symbole d’une réussite. Si divers évènements ne venaient pas briser le cercle (décidément…) vicieux, Elise pourrait très bien sombrer dans une pathologie plus grave, anorexie ou révolte dure.

 

Heureusement, tout rentre dans l’ordre, ou plus exactement dans la vie, avec ses hauts et ses bas. Et repositionnée en tant qu’enfant de la famille, la jeune narratrice va pouvoir poursuivre son adolescence tranquillement. On est malheureusement dans le monde de la fiction…

 

Chaleureux et fin, un petit roman idéal pour les 9-11 ans, et une jeune auteure à suivre (ici) !

 

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Moi aussi je fais la roue ! Allongée et au soleil...