Sur le mode des Confessions chez La Martinière, Jo Hoestlandt raconte un épisode marquant de son enfance, dans la collection Transmettre des toutes jeunes éditions Escabelle. Elle n’est pas l’héroïne directe, mais la narratrice qui livre une histoire vécue et racontée par sa mère. Celle-ci, Evelyne, fille d’une Bretonne et d’un Jamaïcain, a les cheveux crépus. Elève à l’école primaire, elle faisait le pitre afin que ses camarades oublient cette particularité physique et l’acceptent. Elle était donc devenue très populaire, et gagna le prix de la meilleure amie. La maîtresse cinglante le lui refusa alors, au prétexte qu’elle n’était « même pas française ».

L’histoire se passe dans les années 1930, et préfigure étrangement la chasse aux Juifs de la Seconde Guerre mondiale… Jo a complètement intégré cet événement familial, au point qu’il influence peut-être encore aujourd’hui son écriture. Court et fort, le petit roman cartonné s’orne de gravures épurées où seule la jeune Evelyne émerge, figure fragile perdue dans un monde de cruauté enfantine aussi bien que de bêtise adulte.

Le Prix d’Evelyne

De Jo Hoestlandt

Illustré par Delphine Grenier

Escabelle – collection Transmettre – octobre 2010

11 euros

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