Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les riches heures de Fantasia
Publicité
10 décembre 2013

Petite Alice aux merveilles - Lewis Carroll et Emmanuel Polanco

Petite Alice aux merveilles

de Lewis Carroll

traduit de l'anglais par Florence Delaporte

illustrations d'Emmanuel Polanco

Gallimard jeunesse Giboulées - 2013

En 1865, Lewis Carroll fit connaître Alice. Puis, en 1889, il inventa The Nursery Alice, une histoire largement inspirée des premières aventures de son héroïne, une histoire aussi absurde et rêveuse, mais destinée aux plus petits (à partir de 5/6 ans quand même). Alice y tombe bien dans le trou pour rejoindre le lapin blanc, elle grandit et rétrécit à l'envi, mais elle y aborde aussi un amour de Petit Chien, un Bébé Cochon, et un Lézard nommé Bill. La fin dans le jardin de la Reine se dissipe encore en rêve, au milieu de cartes furieuses devenues feuilles mortes.

Carroll apostrophe le jeune lecteur (ou auditeur si l'on suppose que le livre sera lu à voix haute), lui demande comment il aurait réagi en pareilles circonstances, lui reproche de ne pas deviner la suite. Le trait d'écriture le plus réjouissant consiste en une invitation à regarder les images pour saisir tel ou tel détail, alors même que le dessinateur n'est pas l'auteur.

De fait, Emmanuel Polanco s'applique à respecter les consignes du texte, mais avec inventivité : tantôt dans la continuité d'une illustration sans rapport, tantôt dans le dessin de la tête de chapitre... Sur un fond minimal végétal et un peu fou – presque un décor de théâtre -, il fait évoluer une rousse Alice toujours en mouvement, toujours un peu inquiète. Avec son petit air tout droit sorti d'une réclame des années 1950, elle est presque la seule à bénéficier d'une ligne claire, pour souligner l'aspect illusoire de ce qui l'entoure, de ces grands décors aux contours se diluant dans la page.

Et ce choix de l'épure contraste avec le récit babillant ; un effet de fraîcheur se dégage alors de ce grand classique, également nouvellement traduit dans un langage sans doute plus proche des petits d'aujourd'hui (« un vrai coup de chance », « c'est nul ») tout en gardant sa qualité soutenue. On n'a évidemment pas fini de réinventer Alice, et c'est tant mieux.

IMG_8659
IMG_8660
IMG_8661
IMG_8662

Vous avez reconnu le chat du Cheshire sur la dernière photographie, n'est-ce pas ? :-)

Publicité
Commentaires
Les riches heures de Fantasia
Publicité
Les riches heures de Fantasia
Publicité
Publicité