Ma Vie heureuse - Rose Lagercrantz et Eva Eriksson
Ma Vie heureuse
De Rose Lagercrantz
Illustré par Eva Eriksson
Ecole des Loisirs – collection Mouche – 2013
Pour un roman de la collection Mouche, le livre est gros. Mais d’une part de nombreuses illustrations noir et blanc, façon gravure fine mais au style moderne, ponctuent le texte, d’autre part l’histoire, linéaire, au présent et raconté par un narrateur externe, est fort simple.
Dunne rentre à l’école élémentaire. Son papa la rassure, et bientôt, elle se fait une meilleure amie, Ella Frida. Elles font tout ensemble : balançoire, déjeuners, animaux à caresser, échange d’images et de cadeaux. Dunne est heureuse. Et puis Ella Frida déménage loin et Dunne est malheureuse. Son papa (la mère semble décédée) lui offre deux mignons cochons d’inde, et, peu à peu, Dunne apprend à se faire de nouveaux amis à l’école – sans leur casser involontairement le nez, n’est-ce pas… Ella Frida écrit enfin à Dunne pour l’inviter à venir passer des vacances chez elle. Oui, la vie peut être finalement heureuse.
On le voit, ce sont des petits rien de la vie sage d’une fillette qui sont égrenés ici avec chaleur et précision : amitiés, disputes, menues occupations scolaires ou pas. On n’est pas très loin de la coquinerie d’une Susie Morgenstern… Les dessins, très expressifs, sont pour beaucoup dans la réussite sympathique de cette tranche de vie enfantine où le moindre détail devient événement et où le temps n’a aucune valeur. La vie de Dunne parlera immanquablement aux plus jeunes pour un doux roman-miroir : il en faut, des petites lectures comme cela. Quant à l’adulte, un puissant parfum de nostalgie va lui chatouiller les narines ! C’est assez charmant, dès 6/7 ans.

« Dunne demande à son papa, mais il ne répond rien. Et ce que Dunne aime le moins au monde, c’est justement quand elle demande quelque chose à son papa et qu’il ne répond rien. Cette fois, elle est vraiment triste. Mais quelques minutes plus tard, elle est heureuse de nouveau. A moins que ce ne soit quelques heures plus tard. Ou quelques jours. Elle ne se souvient pas précisément, parce que à cette époque elle est très souvent heureuse. » (pp. 42-43)