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Les riches heures de Fantasia
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5 avril 2013

Un drôle d'ami - Elise Broach

Un drôle d'ami

d'Elise Broach

traduit de l'américain par Juliette Lê

Pocket jeunesse – 2013

James vit avec sa mère, agente immobilière du beau New-York obsédée par la réussite sociale, son beau-père et son jeune demi-frère. Il peine à trouver sa place, et aime quand son père, artiste, vient lui rendre visite. Cette année, ce dernier lui offre un nécessaire à encre de Chine : pas de quoi enthousiasmer notre jeune héros. Mais Marvin, petit cafard de la famille qui vit dans le placard sous l'évier, a compris la détresse du gentil James. Il veut lui offrir un cadeau, une pièce de monnaie trouvée on ne sait où. Et puis, dans la chambre du petit garçon, il tombe sur une douce page blanche, et découvre l'encre. En une nuit, Marvin compose un merveilleux paysage miniature, reprenant à la perfection ce qu'on voit par la fenêtre de la chambre de James. A son réveil, celui-ci s'étonne, puis surprend Marvin dont il devient très vite l'ami.

La mère de James découvre à son tour l'oeuvre ; elle crie au génie. Le père du garçon emmène alors son fils au MoMa visiter une exposition de gravures de Dürer, dont la minutie extrême ressemble au travail de Marvin. Ils rencontrent des amis du père, conservateurs au musée, et de fil en aiguille, un stratagème un peu dangereux est monté : James va devoir reproduire une oeuvre de Dürer issue d'un ensemble de quatre, les « quatre vertus ». Trois ont été dérobées, et il s'agit d'organiser le vol de la dernière, une reproduction, donc. Bon gré mal gré, James arrive à collaborer avec Marvin – le petit cafard connaît bien des frayeurs, mais s'en sort toujours.

Et puis le vol a lieu. La récupération de la gravure par un agent du FBI ne se passe pas comme prévu, et c'est finalement l'original qui disparaît. La jeune conservatrice qui a proposé l'opération est paniquée. Mais Marvin entre en action depuis la poche de James, et les deux petits vont réussir à retrouver le coupable. L'honneur est sauf, et James se blesse la main exprès pour ne plus avoir à faire semblant de dessiner. Il reste toutefois ami avec Marvin, dont les parents cafards lui aménagent un petit coin d'artiste au fond de leur maison-placard...

Pour un roman sur l'amitié, il était bien sûr original de choisir un cafard, indestructible insecte unanimement considéré comme repoussant. Solitaire et triste dans une famille qui le comprend mal, James ne montre lui aucun préjugé et accepte ce petit copain silencieux sans hésiter. De son côté, le cafard fait preuve d'une grande sensibilité (artistique, de cœur...) qu'il tient certainement de sa famille aimante et soudée – nous les suivons dans leurs petites habitudes, et c'est absolument plaisant ! L'épisode sur la véranda, avec la tortue carnivore, est particulièrement réussi, mettant à jour le caractère foncièrement gentil de Marvin. Cerise sur le gâteau, les illustrations sont croquignolettes, avec un insecte tout rond tout mignon (jamais sale, sa maman y veille).

J'ai donc aimé cette partie de type psychologique, ces relations décrites avec soin, piquantes quand il s'agit des adultes, douces en ce qui concerne les deux héros. Par contre, l'intrigue autour des gravures de Dürer (attention, celles dont il est question n'existent pas, et l'auteure nous le rappelle en postface) convainc beaucoup moins. Alambiquée, tordue, elle n'aurait sans doute jamais pu être acceptée par le FBI. On apprend quelques éléments sur le marché de l'art et ses parallèles clandestins, on supporte un long moment ces histoires d'échanges d'oeuvres, et puis on se ressource finalement avec la course-poursuite au coupable de James et Marvin. Car c'est encore eux qu'on préfère, ces amis qui ont su dépasser l'absence de communication pour simplement ressentir leur attirance et se faire confiance. A lire dès 10/11 ans.

« Lorsque le bureau fut à nouveau vide, Marvin se mit à explorer. Il descendit de la table et s'avança vers le mur du fond avant de grimper rapidement jusqu'au rebord de la fenêtre. La vue sur le parc était dégagée. Marvin apercevait les arbres dépouillés de feuilles. Les allées dessinaient des lignes noires sur les pelouses blanchies par le givre. Au loin, des passants emmitouflés dans des manteaux sombres se hâtaient vers leur travail, tels de petits points insignifiants. 'Ce doit être comme ça que les humains voient les cafards', pensa Marvin. » (pp. 103-104)

marvin

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Commentaires
S
Sans plus, de la couverture à ton avis...
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