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Les riches heures de Fantasia
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25 octobre 2012

Le Garçon qui rêvait de requins - Jospeh Monninger

Le Garçon qui rêvait de requins

De Joseph Monninger

Traduit de l’américain par Marie Hermet

Flammarion – collection Tribal - 2012

Bee passe son adolescence à accompagner et soutenir sa mère, qui accepte mal le célibat, et son petit frère Tommy, atteint de mucoviscidose. Passionné de requins, Tommy a gagné un voyage en Californie pour observer les squales directement dans la mer. La petite famille fait donc le voyage depuis la côte est. Tommy est d’abord déçu de ne pas être vraiment pris au sérieux par l’association, qui le considère à la façon d’un simple enfant malade alors qu’il connaît son sujet sur le bout des doigts. Puis, avec Bee, il décide de rendre visite à un surfeur rencontré sur Internet, et qui a été victime d’une attaque de requin il y a quelques années. Généreux, le surfeur et son jeune frère proposent d’apprendre à Tommy à se tenir sur une planche. La séance sera riche en émotions…

C’est un roman dense qui m’a beaucoup fait penser à La Fille qui ne croyait pas aux miracles, à la différence près que ce n’est pas la narratrice Bee qui souffre d’une maladie, mais un de ses proches. Le résultat est plus ou moins le même : une jeunesse sacrifiée, une maturité dont peu d’adultes peuvent se targuer. Encore plus que Bee solide et raisonnable, Tommy impressionne le lecteur : le cœur à nu, il exprime ses sentiments d’amour et d’amitié, tait ses regrets ou ses colères pour épargner les autres, puis explose de joie tel l’enfant qu’il est. La métaphore du requin est expliquée avec subtilité, en deux interprétations possibles : le requin prédateur qui dévore les forces du petit garçon, ou bien le requin différent, isolé parce que craint, tout comme Tommy.

Le récit d’un week-end ne s’appesantit pas sur les manifestations de la maladie, quoiqu’elle soit omniprésente, évidemment surtout vers la fin. La mère et Bee font montre également d’une psychologie soignée, elles ont une vie à construire ou poursuivre malgré le chagrin qu’elles peuvent éprouver, et chacune aura son histoire personnelle le temps du voyage. J’ai un peu craint le mythe du beau surfeur blond qui aurait pu faire passer le roman vers des épisodes de légèreté artificielle. Mais la philosophie du surf est abordée avec une certaine profondeur, sur un axe d’harmonie avec la nature. Nous sommes de petites parties d’un tout au sein duquel nous ne faisons que passer, semble nous dire le livre… Un roman à fleur de peau, servi par une écriture délicate entre tristesse immédiate et espoir souverain. A noter la belle traduction. 

IMG_7157

« [Tommy] continuait à sourire et à faire des signes. J’ai pensé alors que sa maladie m’avait peut-être volé quelque chose, une certaine insouciance, et qu’elle m’avait appris la peur. Il était temps de réagir et de vivre pour moi, de courir quelques risques. Je le regardais, mon petit frère aux os fragiles et aux poumons malades, qui avait eu le courage tranquille de nous faire traverser le continent pour nous emmener jusqu’ici, sur les plus grosses vagues du Pacifique. » (pp. 165-166)

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Commentaires
F
Dans la même veine !
B
j'ai vraiment adoré La fille qui ne croyait pas aux miracles, je suis donc tentée par ce titre...
Les riches heures de Fantasia
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