Enterrement d'une vie de cancre - Hervé Mestron
Enterrement d'une vie de cancre
d'Hervé Mestron
Syros jeunesse – collection Tempo + - 2012
Le narrateur Bruno est à la fois le cancre et le rigolo de service de sa classe de collège de ZEP. Autant dire qu’il n’a jamais pensé à son avenir, et que parents et professeurs ont cessé d’espérer en lui. Et puis arrive Madeline, gothique jusqu’au bout des ongles, à la démarche étrangement saccadée, excellente élève. Bruno a un coup de cœur. Sans avoir aucun contact direct avec elle, et alors même que la jeune fille quitte bientôt la classe, il évolue, et ses notes aussi. Ses parents font encadrer son premier bulletin de notes au-dessus de la moyenne. Bruno essaie de comprendre le pourquoi de ces infimes changements, et il voudrait remercier Madeline. Il découvre un secret assez terrible : suite à un accident, Madeline est handicapée…
L’écriture est orale, dynamique, piquante, et le lecteur s’amuse volontiers des bons mots et des anecdotes du narrateur. Mais derrière, il repasse en mode émotions : Bruno a conscience et souffre de son personnage de bouffon, Madeline a conscience et souffre de son incapacité à s’intégrer normalement. Handicap social ou physique, ces deux-là sont faits pour s’entendre. C’est finement exprimé, avec un héros principal sensible capable d’analyser parfaitement sa situation. Madeline parle de la sienne en termes certes plus complexes, mais tout aussi touchants. La fin en forme de fuite m’a un peu moins convaincue… je n’ai pas trouvé d’autre solution, cependant.
L’avis de Faelys, de Liyah, de Lirado, de Clarabel

« Le directeur m’a dit que si je continuais dans cette veine, tout serait consigné dans mon dossier scolaire. Faudrait même pas que j’imagine aller dans un meilleur bahut. Et mes potes m’ont fait comprendre que si j’arrêtais de les faire marrer, ça finirait forcément mal pour moi. J’étais coincé. Je ne pouvais pas être deux choses à la fois. Je devais choisir mon camp et respecter les codes. […] Je comprenais plus trop ce qui m’arrivait. J’en dormais plus. » (pp. 69-70)