Poliedrum - Rafael Abalos
Poliedrum
de Rafael Abalos
traduit de l'espagnol par Maryvonne Ssossé
Albin Michel – collection Wiz – mai 2012
A Edimbourg, Melissa, Nathan et Timothy ont formé un club de lecteurs de bandes dessinées. Ils se réunissent chaque semaine dans l'arrière-boutique de la librairie du père de Timothy. Le jour du décès de leur auteur préféré, Lionel Savage, ils sont invités à participer de manière « posthume » à un jeu virtuel que l'artiste avait imaginé : tout part d'une tablette multimédia, qui transforme la réalité en un monde parallèle, Poliedrum, peuplé de bêtes sanguinaires tels que les growlls et les shangreys. Le jeune Matheus rejoint l'équipe, et chacun des enfants est parrainé par un adulte, ami de Lionel Savage. L'objectif est de comprendre comment fonctionne le jeu, afin de pouvoir ensuite en faire profiter le maximum d'amateurs.
Quoique classique, l'idée du monde parallèle est bonne, et Rafael Abelos, à travers un narrateur externe, installe son action peu à peu, créant un fort plaisir de l'attente. Je savourais. Au moment où les adultes prétendent donner des (longs) conseils et où on comprend à demi-mot qu'ils pourraient ne pas être honnêtes, j'ai un peu déchanté. Lorsqu'il est nous est clairement dit qu'un des jeunes gens trahira les autres et que c'est lui qui gagnera, j'ai carrément tiqué. Le ton est donné : cruel, injuste, dangereux. Soit, j'ai revu ma copie du petit roman de fantasy où la solidarité soulève des montagnes. Il faut bien admettre que ce sont les méchants qui font avancer les romans, en général... Et puis après, je me suis un peu perdue dans Poliedrum. J'ai eu du mal à suivre qui faisait quoi et pourquoi, je n'ai pas ressenti de logique aux déplacements des héros. J'avoue tout de même, j'ai sans doute abandonné à un moment donné, me contentant de lire mécaniquement, d'apprécier la balade dans Edimbourg, et de frissonner aux épisodes adéquats. Du coup, la fin et ses nouvelles questions m'ont a peine intriguée. J'ai malheureusement du mal avec la littérature hispanophone, et ça se confirme...
