Le Bleu du vendredi - Siobhan Parkinson
Le Bleu du vendredi
De Siobhan Parkinson
Traduit de l’anglais par Dominique Kluger
Ecole des Loisirs – collection Medium – mai 2012
Olivia raconte son amitié avec Hal, petit garçon à l’imaginaire fécond qui compense les douleurs de sa vie par des projets fantasques. Doué de synesthésie, il est capable d’affirmer que le vendredi est bleu ou sent le citron piquant tout en fabriquant son cerf-volant. Olivia, guère plus terre-à-terre au fond, parlera elle volontiers avec des métaphores. Ensemble, les deux enfants concoctent un plan farfelu destiné à faire partir le petit ami de la mère de Hal (son père est décédé… un vendredi : vous commencez à saisir ?). Mais l’entreprise se retourne violemment contre les enfants et ça se termine d’abord au poste de police, puis dans l’inquiétude de la mère disparue. Ceci dit, l’expérience va faire aussi grandir Hal (rassurez-vous, sans lui ôter sa créativité sans limites…).
Narré du point de vue et avec toute la naïveté d’un enfant (Olivia), le roman reste malgré tout démonstratif en ce que la petite fille observe et plaint son ami Hal. Maigre et pâle, un peu abandonné par sa mère, le garçonnet fait pitié. Ses divagations lui permettent de supporter la situation, au risque qu’il en devienne prisonnier. Jeune ou moins jeune lecteur, on aimerait le consoler autant que le fait Olivia, on s’inquiète de l’absence des adultes, avant de réaliser que, bienveillants ou brutaux, ils avaient parfaitement compris la détresse de Hal. A la fin de l’histoire, le deuil est accepté, le cerf-volant peut s’envoler. Et on peut presque dire que l’avenir du héros est assuré : artiste, absolument.
J’ai pensé au ton bon enfant et pourtant profond de Cascades et Gaufres à gogo de Maria Parr ; c’est un style que je n’aime pas particulièrement, mais je reconnais ici à Siobhan Parkinson une mise en œuvre sensible et réussie.
