Encore heureux qu'il ait fait beau - Florence Thinard
Encore heureux qu’il ait fait beau
De Florence Thinard
Thierry Magnier – mai 2012
Par un soir orageux, la médiathèque Jacques Prévert se détache du bitume et s’enfonce dans les flots, emportant avec elle le directeur, une bibliothécaire, la femme de ménage, un prof de techno et la sixième F, ainsi qu’un jeune désoeuvré qui traînait par là. Passés les premiers moments de panique, tout ce petit monde s’organise du mieux possible. Il faut économiser l’eau et la nourriture, réussir à s’en procurer grâce à la mer, se protéger du froid/de la chaleur, garder le moral aussi. On lit Robinson Crusoé, Jules Verne, des manuels de géographie et de navigation maritime. On tient un journal de bord à tour de rôle. Le prof de techno bricole, la bibliothécaire raconte Les 1001 Nuits… Le bateau-bibliothèque a sa mascotte, une pigeonne qui pourrait symboliser l’harmonie parfois difficile à maintenir au sein du groupe. Bon gré mal gré, chacun trouve sa place et même une utilité – il n’y a qu’à suivre Saïd, petit voyou devenu protecteur des plus jeunes. La bibliothèque devient une sorte de laboratoire grandeur nature qui expérimenterait la vie – et même la survie, les enfants sont très courageux – en vase clos et sans aide extérieure. Petites et grandes émotions, moments de peur et de rire sont racontés avec méticulosité par un narrateur externe. Je n’oserai pas parler de télé-réalité, mais enfin… Encore heureux qu’il ait fait beau entre dans la longue lignée des robinsonnades, sur un contexte excentrique quoique pas si déplacé que cela : armés de tout le savoir contenu dans les livres, nos héros ne pouvaient que s’en sortir… De la bibliothèque comme microcosme social : un petit roman bien vu, à la fois sage et farfelu, accessible dès 9-10 ans.
