Ma Vie Océan - Mireille Disdero
Ma Vie Océan
De Mireille Disdero
Seuil jeunesse– avril 2012
Héloïse, seize ans, vient de perdre ses deux parents lors du tsunami qui a frappé les côtes thaïlandaises, en décembre 2004. Choquée, elle essaie de retrouver goût à la vie dans un centre au milieu des Alpes. Elle se fait une amie à l’optimisme sans failles, Katy, qui la pousse presque dans les bras du ténébreux Théo. Petit à petit, encouragée par la directrice de l’établissement et par un vieux gardien, Héloïse va envisager un avenir « Après » le drame.
Mireille Disdero dit aimer écrire sur des réalités, des psychologies aux prises avec le quotidien. La narratrice Héloïse rentre évidemment dans cette ligne, elle qui voit sa vie comme un océan où elle doit remonter du rivage vers la source (enfin, quelque chose comme cela, cela nous est expliqué à la fin). Je ne saurai pas trop comment expliquer la façon dont l’héroïne se sort de son état traumatique, c’est assurément bien fait, avec un naturel insensible. Mais j’aurais aimé davantage de détails. Pas des atermoiements sans fin sur les difficultés d’Héloïse, non, juste quelques précisions sur son environnement immédiat : que pense au fond d’elle la brave Katy, faire-valoir de l’héroïne ? D’où vient Théo, dont on ne sait (peut-être à dessein, mais je ne comprends pas vraiment) absolument rien ? Certains éléments aidants – la lecture de romans par Katy, le petit chat offert par le gardien, la cabane au fond du jardin – n’apparaissent qu’une ou deux fois, comme si l’auteure avait voulu remplir un catalogue de conditions vers l’acceptation du deuil. Héloïse se renferme sur elle-même, c’est normal, mais elle semble ne pas voir la douleur de ceux qui l’aident : un peu de clairvoyance m’aurait sans doute agréé, on peut toutefois estimer qu’elle est trop aveuglée par sa douleur pour se trouver égoïste. Le roman fait 166 pages : je lui en aurais donné 200, et davantage de sentiments approfondis, pour me plaire. Ma Vie Océan m’est apparu comme à la fois sincère et bancal, inachevé parce que tout n’a pas été dit en temps voulu.
