Instinct tome 3 - Vincent Villeminot
Instinct volume 3
de Vincent Villeminot
Nathan – collection Blast – mars 2012
A rebours de l’enthousiaste avis général, j’avais assez peu apprécié les deux premiers tomes d’Instinct : personnages au côté « djeunz » trop appuyé, intrigue alambiquée qui virait au gore… Je n’avais pas accroché. J’ai bien fait de persévérer, car le troisième et dernier livre de la série m’a réconciliée avec Tim, Flora et Shariff.
Livrés à eux-mêmes, poursuivis par le FBI, les jeunes gens font d’abord un passage par les Etats-Unis, dans l’espoir que Tim découvre enfin la vérité sur l’accident de ses parents. Il n’en sera rien, et Tim devra apprendre à tourner la page vers un avenir plus souriant avec son amoureuse Flora. Alors que le Canada et des faux papiers les attendent tous les trois, Shariff, dépressif depuis la mort de son père adoptif, fait faux bond à ses amis pour revenir en Suisse et régler ses comptes avec ceux qui ont dévoyé l’esprit de l’Institut. Tim et Flora se lancent à sa poursuite, un temps trop tard… Un temps trop tard ?
Nous sommes dans le registre du thriller traditionnel, avec chapitres courts, écriture tendue, courses-poursuites anxiogènes et nettoyages bluffants de traces sur Internet. Ce pourrait être de la grosse (et réussie) cavalerie menée tambour battant, d’une manière que l’on verrait facilement filmée. Mais nous connaissons aussi les caractères des personnages, leurs faiblesses et leurs fêlures, ce qui apporte une profondeur très discrète, presque implicite, au roman. Peu à peu et sur un ton grave, nous sentons évoluer les héros dans le rapport à leurs interrogations personnelles, leurs regrets du passé ou leurs inquiétudes du futur. Marqués irrémédiablement par la perte de l’Institut, chacun comprend la nécessité de trouver son propre chemin dans l’action, pas dans des pauses sentimentales surfaites ; même Shariff a abandonné son déguisement de chevalier zen. Attendez-vous à quelques grosses surprises, certaines cruelles, à l’image de la vie adulte dans laquelle nos jeunes hybrides vont se plonger.
Pour le meilleur et pour le pire, Vincent Villeminot offre une véritable fin à sa trilogie : un choix d’écriture courageux qu’il avait peut-être suivi tout du long de la série, mais que je n’ai su goûter qu’ici… et c’était vraiment très bon !
