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Les riches heures de Fantasia
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27 avril 2012

L'Affaire Matisse - Georgia Bragg

L’Affaire Matisse

De Georgia Bragg

Traduit de l’américain par Francis Kerline

Ecole des Loisirs – collection Neuf – mars 2012

 smileys_coeur

Matisse doit son prénom à sa mère, gardienne de la sécurité dans un musée. Il l’assume plutôt bien, prenant un grand plaisir à copier les uns après les autres les tableaux du musée. En tout cas, il préfère cet aspect de sa vie à celui du quotidien de la maison : grande sœur Frida folle de la couleur violet, bébé Man Ray avide de suçoter tout ce qui bouge, père traiteur qui fait goûter le plat du jour au petit déjeuner… Matisse a un peu honte d’eux. Puis c’est de lui qu’il va avoir honte. Lors d’une exposition consacrée au peintre dont son prénom est issu, il copie le fameux Portrait de Pierre Matisse. Pris d’une impulsion irrésistible et profitant d’une panne du système de sécurité, il remplace le tableau original par sa propre peinture. Ensuite, il est trop tard pour rattraper la bêtise, et le Portrait de Pierre Matisse va faire un petit séjour dans sa famille, au milieu de tous les dangers possibles et imaginables. Encore heureux que personne ne remarque la supercherie, en attendant qu’il parvienne à replacer le vrai chef d’œuvre…

Comment parler d’art en s’amusant, c’est tout le sujet – et l’art, hihihi – de ce petit roman délicieux. Le narrateur Matisse s’agite, accumule les bourdes, s’enfonce dans le mensonge sous les yeux circonspects de son meilleur ami Toby, sage commentateur de la folle semaine. On l’adore, ce petit Matisse, qui mêle réactions désordonnées de son âge avec maturité créative : on le sent capable de disserter sur les mérites comparés des différentes marques de peinture à huile, alors qu’en même temps il ne comprend rien aux filles. Il n’a ici qu’une peur, se faire gronder, et la gravité de son acte lui échappe un peu ; désespérément, il va tenter de protéger le Portrait de Pierre en mettant des gants et en soufflant dessus avec un petit pinceau, mais au final Man Ray y promènera sa tétine. C’est très drôle, parsemé de moult rebondissements entre les vieux gardiens sympathiques du musée et les nouveaux cerbères bardés de technologie, entre la sœur acariâtre qui fête son anniversaire en chipant des créations de Matisse pour agrémenter sa robe et la mère fière de son fils qui veut à tout prix accrocher le tableau dans le salon. On utilisera même le barbecue roulant du père, je ne vous en dis pas plus. Faisant suite à ces scènes croquignolettes, la dernière partie est plus émouvante, en réflexions subtiles sur la filiation et la création. Matisse sortira de son aventure grandi, plus tolérant et décidé quant à son avenir. A lire dès 10 ans pour une bonne tranche de rire intelligent !

 

IMG_6692

 

« - Tu ferais mieux de tout me dire, parce que tu vas exploser.

Je n’avais jamais de secret pour Toby. Mais là, c’était différent : même lui, il risquait de penser que ce que j’avais fait était horrible. Et il était capable de ‘vendre la mèche’, comme on dit, sans le faire exprès.

– Quand on sera vieux, à vingt ans, peut-être que je te raconterai tout devant une bonne bière. » (p. 65)

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Commentaires
P
Quel régal ce roman! J'ai adoré également! Ce fut une très très belle découverte.
F
Tout est du même acabit : une énorme bêtise énorme, et une maturité du récit du jeune héros, qui donnent un résultat irrésistible !
B
j'aime beaucoup la citation que tu as choisie. c'est tellement vrai !<br /> <br /> je l'ai déjà repéré celui-ci et je pense que je le lirais avec plaisir.
Les riches heures de Fantasia
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