Tout près, le bout du monde - Maud Lethielleux
Tout près, le bout du monde
De Maud Lethielleux
Flammarion – collection Tribal – novembre 2010
10 euros
Le bout du monde, c'est une vieille ferme perdue au milieu de nulle part. Perdue, c'est bien le mot, tout comme ses quatre résidents. Marlène s'y occupe de trois jeunes que la vie n'a pas épargnés et qui y ont trouvé refuge le temps de se reconstruire. Sans télé, sans chaîne Hifi, sans ADSL, ils sont bien obligés de suivre les consignes de leur éducatrice débutante (qui frise pourtant la soixantaine) : tenir un journal quotidien et aider à la rénovation de la grange.
Ainsi, s'entrecoupent les récits de nos trois narrateurs, Malo, Julia et Solam, aux parcours et aux styles très différents, qui se confient chaque soir sur les lignes d'un cahier.
Auteur de Dis oui, Ninon et D'où je suis je vois la lune, Maud Lethielleux a un don certain pour nous faire aimer ses personnages car ses portraits sont justes et finement brossés. Elle a choisi de raconter cette histoire à trois voix, sous la forme d'un roman épistolaire. Et toute l'intelligence est là : par cette petite pirouette stylistique, on savoure son roman d'un bout à l'autre car il nous faut assembler les pièces du puzzle, les bribes d'information semées au fil des pages pour enfin comprendre les fêlures des personnages.
Prose tantôt polie, inspirée ou brutale à l'image des trois narrateurs, déclarations d'amour à demi-mot ou de haine assumée, écrits ordinaires mais libérateurs : nous suivons la convalescence des quatre membres de cette famille recomposée, qui se guérissent les uns les autres, souvent sans le savoir. Renaître c'est toujours possible, même à 17 ans !
Un roman attachant et sincère, accessible dès 13 ans.
Justine Raffin (LP Bibliothèques - IUT Paris Descartes)
« Ca prend du temps d'écrire, et on s'en aperçoit pas, c'est pour ça qu'à chaque fois on m'appelle avec une voix pressée. » (pp. 344)