Chroniques de la fin du monde tome 2 - Susan Beth Pfeffer
L’Exil (Chroniques de la fin du monde tome 2)
De Susan Beth Pfeffer
Traduit de l’américain par Laure Mistral
Pocket jeunesse – novembre 2011
17,50 euros
J’attendais avec impatience ce second tome de trois des Chroniques de la fin du monde. Le résumé de base : un astéroïde a percuté la lune, la rapprochant dangereusement de la Terre et provoquant des dérèglements climatiques sans précédent. Un froid glacial finit par s’installer.
Après Miranda et l’épouvantable course contre la faim de sa famille dans une petite ville de Pennsylvanie, voici Alex, jeune Portoricain resté à New-York avec ses deux sœurs, Briana et Julie. Nous reprenons l’histoire à son départ, lors du choc de l’astéroïde. Si l’effervescence terrifiée, la présence forte de l’Eglise et les dérives immédiates du marché noir tranchent avec l’isolement qu’a connu Miranda, force est de constater que les situations deviennent vite assez semblables, grande ville ou pas. Mais il n’y a pas d’effet de redites. Se nourrir, lutter contre les maladies, ne pas sombrer dans la dépression, telles sont les priorités d’Alex, propulsé chef de famille à dix-sept ans. A contrario, Miranda pouvait se reposer sur sa mère et son frère. Pour le jeune homme, il y a aussi l’attente - que sont devenus les parents ? -, et l’idée lancinante de partir à la campagne où tout est censé être plus facile.
On tremble devant la rudesse sans pitié de ce monde qui redécouvre la mort. On frémit face aux décisions vitales que doit prendre seul Alex, suivi par un narrateur externe mais dont la psychologie est abondamment développée. L’atmosphère sobre colle aux plus près de nos quotidiens, et s’encombre très peu de mise en scène. Il n’y a pas non plus de technologie, puisque l’électricité ne fonctionne plus. Nous assistons en quelque sorte au retour d’un monde primitif, où l’homme devient très vite un loup mortel pour lui-même. La fin pleine d’espoir ne parvient pas à faire oublier la cruauté des disparitions, au réalisme horrifiant mais que l’on appréciera.
Dans la lignée classique des romans apocalyptiques, Les Chroniques de la fin du monde continuent de me convaincre et passionner malgré quelques faiblesses d’écriture. On peut imaginer un troisième tome où Miranda et Alex se rejoindront d’une façon ou d’une autre… Mais pour quel avenir ? Susan Beth Pfeffer ne fait pas de cadeaux à son lecteur sous le choc.
