Rue Stendhal - Yaël Hassan
Rue Stendhal
De Yaël Hassan
Casterman – novembre 2011
7,75 euros
Esteban s’apprête à passer l’été tout seul à Paris. Tout seul ? Non, car la jolie Léa, Idris et les nouveaux voisins vont vite l’accaparer. A Paris ? Oui, mais pas n’importe où : le cimetière du Père-Lachaise, à côté duquel il habite, recèle des mystères insoupçonnés, que le vieux Monsieur Faure va faire découvrir aux enfants. Un jeu de piste parmi les grands auteurs du passé commence.
On se demande où Yaël Hassan trouve à chaque fois la petite idée qui fait mouche, qui sonne juste, et en plus pour un lectorat entre enfance et adolescence. Chapeau. Une fois encore, ça fonctionne : la bande de copains tous plus sympathiques les uns que les autres mais gardant quand même leur personnalité, la petite intrigue et le suspense effrayant/tortillant juste ce qu’il faut, l’adulte bienveillant qui sert de médiateur avec toute notion d’apprentissage ou d’enrichissement… et l’inévitable bibliothécaire, n’est-ce pas. Au début, je me suis dit que si l’histoire se passait à Paris, tous les provinciaux pouvaient se décourager. Mais finalement, le cimetière du Père-Lachaise est suffisamment connu pour s’adresser à tous, d’autant plus qu’il est exploité exclusivement pour son aspect littéraire. Apparaissent dans les lettres énigmatiques de monsieur Faure Oscar Wilde, Paul Eluard, Colette, La Fontaine, Apollinaire, etc. Chacun est présenté à travers son monument funéraire, certes, mais aussi par le biais de son œuvre (extraits). Jamais par celui de sa vie, ce que j’ai un tout petit peu regretté.
La fin en pirouette, qui voit apparaître l’auteur supposé du livre Rue Stendhal au coin de deux tombes, m’a fortement interpellée. Après toute une brochette d’illustres écrivains qui me berçait encore, trouver Yaël Hassan herself me semblait en dire long sur un ego… mais je peux évidemment, et j’espère, me tromper ! Un super petit roman intelligent et chaleureux, accessible dès 10 ans.
