7 mai 2011
Fantasia sous le charme de David Sala
Sous le charme des illustrations de David Sala, Fantasia n'a pas pris ses quatre petites pattes pour aller le voir, mais elle lui a envoyé un message (admiratif) et lui a posé quelques questions sur son dernier album, Le Bonheur prisonnier, en collaboration avec Jean-François Chabas (Casterman, 2011).
Compte-rendu de Sophie :
C'est votre deuxième collaboration avec Jean-François Chabas. Comment vous-êtes vous rencontrés ? Comment travaillez-vous ensemble ?
En réalité on ne s'est jamais rencontrés. J'avais illustré un de ses romans il y a quelques années de ça, Le Porteur de pierre (Casterman, 2004), nos univers se sont croisés à ce moment là.
Nous travaillons le plus simplement du monde, il écrit et j'illustre. Je lui fais entièrement confiance, je n'interviens absolument pas sur son travail et il fait de même avec moi.
Seamus combine l'intelligence d'un enfant à la force d'un homme. Dans une Irlande de l'entre-deux-guerres ravagée par les luttes intestines, il ne sera qu'une victime de plus...
D'abord une inspiration celtique, ensuite un environnement asiatique... et toujours la nature au coeur des albums. Est-ce un choix de prime abord ou un doux glissement inconscient ?
Par bonheur, Jean-François me livre des textes sur mesure. Je pense que nous partageons le même gout pour la nature, ceci explique peut être cela.

© D. Sala, La Colère de Banshee
Vos illustrations évoquent le peintre Gustav Klimt. Un vrai tour de force quand on y pense, car les deux univers créés n'ont pas grand chose à voir et ensemble, et avec Klimt a priori. Pouvez-vous nous expliquer cette filiation ?
Je crois qu'en effet le lien est la nature, qui est très présente dans l'oeuvre de Klimt. Elle l'est également dans les miniatures persanes, autre forte source d'inspiration pour moi dans mon travail pour les livres jeunesse.
Le Tatoueur de ciel, Hubert Ben Kemoun et David Sala (Casterman, 2009)
L'histoire du bonheur prisonnier est empreinte de sagesse tranquille, mais il y a aussi un côté dramatique lorsque le grillon disparaît. Pourtant, une sorte de hiératisme se dégage de vos dessins, un aspect solennel (d'ailleurs superbe) en contradiction avec l'urgence de l'histoire. Pouvez-vous en dire un peu plus ?
Je ne me suis pas, comme vous l'avez très justement souligné, calé sur le "mouvement " de l'histoire mais plus sur l'impression et les sentiments que me suggéraient le texte. A l'instar des estampes japonaises, je souhaitais retrouver cette élégance, propre à la culture asiatique.
Il me semble que l'image doit apporter, si ce n'est un autre point de vue, tout du moins un regard différent sur le texte qui permet d'enrichir l'histoire.
Dans le cas du Bonheur prisonnier je me suis même permis d'introduire un personnage (le chat) qui n'existe pas dans le texte. (Là, Fantasia frétille et approuve avec force).

Quels sont vos projets en cours ?
Je viens de terminer un nouvel album jeunesse intitulé Le coffre enchanté qui sortira en octobre prochain , je travaille également sur une Bande dessinée adulte pour la collection Rivages-Casterman, une adaptation d'un roman noir.
Merci David Sala ! Nous suivrons avec attention ces prochaines parutions. En attendant, parce que vous n'êtes pas qu'un illustrateur jeunesse, Fantasia invite à aller faire un petit tour sur votre site, reflet de vos différentes activités : bandes dessinées, peinture, photographie...
Publicité
Commentaires
A
