A comme Association tomes 1 et 2 - Erik L'Homme et Pierre Bottero
A comme Association
Tome 1 : La Pâle Lumière des ténèbres (Erik L'Homme)
Tome 2 : Les Limites obscures de la magie (Pierre Bottero)
Gallimard jeunesse/Rageot – octobre 2010
9,90 euros le tome
L'Association est internationale, à but non lucratif, mais surtout secrète : « De la discrétion, Ombe. De la discrétion. » (p. 57). Son objectif : remettre dans le droit chemin les Anormaux (vampires, trolls, goules et autres créatures...) pour protéger les Normaux (les humains, donc), ceci grâce à l'aide de Paranormaux, des êtres aux dons particuliers, sensibles aux ondes, auras, bref aux phénomènes magiques. Jasper, le narrateur de La Pâle Lumière des ténèbres, et Ombe, celle des Limites obscures de la magie, sont deux Apprentis Stagiaires de l'Association. Nous les suivons dans leurs missions de débutants, confiées par le responsable du bureau parisien, Walter.
Jasper, fort en magie mais pas très costaud, est ainsi pris dans une course-poursuite autour de vampires drogués, et se retrouve contraint d'affronter seul un démon surgi des enfers. Ombe, presque incassable – ses os se ressoudent très rapidement – mais nulle en sortilèges, doit chasser des gobelins d'un lycée, puis protéger une créature au fond d'un lac.
Doués selon des façons bien différentes, les deux jeunes gens ne font que se croiser à leurs formations, même si Jasper ne serait pas contre des rencontres plus approfondies. Ils apprécient néanmoins leurs qualités respectives et se téléphonent souvent pour avoir des conseils. Les prémices d'une idylle ? Pas avant quelques tomes en tout cas !
Il ressort de ces livres « chassés-croisés » (on pense à la série des Blue Cerises) une complicité évidente entre les deux auteurs, un bonheur d'écriture qui se traduit notamment par un humour constant et des clins d'oeil à leurs univers précédents. L'hypothèse de départ est simple : sur une trame fantastique hyper-classique, faire évoluer livre par livre, sur des temporalités similaires, deux personnages que tout oppose. L'intellectuel de la magie et des langues mortes, fils unique d'une riche famille, n'a a priori rien à voir avec la motarde amatrice de sports de combats, orpheline trouvée bébé sur le bord d'un chemin. Et d'ailleurs, l'écriture d'Erik L'Homme est effectivement plus fluide, plus posée que celle sautillante et pétillante de Pierre Bottero (ah, le personnage féminin d'Ombe : une vraie Ellana !). C'est très agréable à lire, encore plus quand on connaît un peu les deux auteurs.
La fin de ces premiers tomes laisse planer un danger extérieur sur la tête de nos héros, suspense traditionnel mais aussi expression implicite de leur grande importance dans l'Association. A suivre, pas un coup de coeur mais « parce que c'est eux » !
L'avis de Clarabel, dont je suis la lecture de quelques jours ;-)

« Le mois dernier, un séminaire intitulé "Voix et cris d'ici et d'ailleurs" nous a appris à faire la différence entre les pleurs d'un bébé et ceux d'une goule, les hurlements d'un chanteur de la Star Académie et ceux d'un troll à qui on a écrasé le pied (là, on a presque tous été recalés), la vois sirupeuse d'un homme politique en campagne et celle d'un vampire en quête de victimes. » (La Pâle Lumière des ténèbres, p. 93)
« Un bref instant j'envisage d'appeler Jasper sur son portable. Il possède le sex-appeal d'une huître, perd ses – petits – moyens dès que le mot danger est prononcé et ses yeux ont une fâcheuse tendance à s'égarer sur ma poitrine, mais en magie il assure un max. Il assure quand il faut réfléchir et se montre lamentable dès qu'il faut agir. Le contraire de moi. » (Les Limites obscures de la magie, p. 22)