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Les riches heures de Fantasia
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1 avril 2011

L'Ami de toujours - Xavier Mauméjean

L’Ami de toujours

De Xavier Mauméjean

Flammarion – collection Tribal – mars 2011

10 euros

 

David aime les jeux vidéo, et il est doué au point d’en faire son métier. Engagé dans une grosse société à New-York, il retrouve par hasard un ami d’enfance, Richard. Les retrouvailles pourraient être heureuses, si ce n’est que Richard est un compagnon… imaginaire que le petit David avait inventé pour le soulager de ses angoisses enfantines.

Avant tout auteur de fantasy, Xavier Mauméjean saute ici à pieds joints dans le fantastique le plus ambigu, celui qui va mêler à plaisir imaginaire, virtuel et réalité. Et pourtant, tout part de façon vraisemblable, logique. Il y a d’abord le métier du narrateur David, geek prompt à la solitude rêveuse. Il y a ensuite l’aspect psychanalytique, avec l’ami fantôme commun à bien des enfants par ailleurs tout à fait sains d’esprit. Ces deux éléments en apparence innocents font que le lecteur juge rapidement la situation David/Richard, et que, à peu près sûr du pacte de lecture qu’il a conclu, il accepte d’être promené dans les méandres des rues new-yorkaises et/ou des univers virtuels que confectionne le héros (le moyen-âgeux Avelion). Mais tout bascule aux deux tiers du roman, on patauge voire on tombe au fond du puits. Puis on réécrit le roman à l’aune de ce que l’on devine, avant un final à peu près clair ( ?), mais bien dérangeant. C’est rusé, dans une écriture paradoxalement tranquille grâce au recul que suppose la forme du journal intime. Evidemment, le thème n’est pas nouveau, mais l’auteur se l’approprie de manière captivante, très proche des jeunes d’aujourd’hui sans jouer la « branchitude ».

A lire aussi l’avis (positif !) de Clarabel.

ami_toujours

 

 

« J’ai trouvé refuge dans un Pizza Hut. Richard est là, quelque part, je perçois ses traces partout. Un reflet sur la vitre, quelques lignes griffonnées sur une serviette en papier : ‘Tu es en train de disparaître.’ Je suis seul, ou presque, en compagnie de mon ennemi intime. » (p. 257)


Un film déjà un peu ancien, et machiavélique à l'image de notre roman : The Game de David Fincher (1997)

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Commentaires
F
C'est un tantinet frustrant, ou plutôt excitant !
C
"à peu près clair" ... oui, c'est vrai, on a parfois le sentiment de ne pas tout capter, mais on sait qu'on n'est pas bien loin ! ;p
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