Hantise - Michelle Jaffe
Jane avait tout pour être heureuse : une petite sœur adorable, un petit copain délicieux, des amies attentionnées, un statut très populaire au lycée, une aisance financière grâce au métier de conseillère politique de sa mère (que certes, elle voit peu). Lors d’une fête un peu arrosée, Jane est victime d’un accident, défigurée, clouée sur son lit d’hôpital. Elle ne se souvient de rien. Mais les menaces de mort dont elle continue à être victime – auxquelles personne ne croit – vont l’inciter à plonger dans ses souvenirs pour se rappeler ce qui s’est passé la nuit de la soirée…
Héros jeunes et beaux, habits à la mode, voitures de luxe et sourires ultra-bright : le cliché américain se pose dans toute sa splendeur. Mais le drame hyper-violent qui choque, la construction tendue en une unité de lieu (l’hôpital) et l’intérêt focalisé sur une unité de temps (la nuit où Jane a été percutée par un véhicule) apportent le suspense nécessaire pour donner envie d’aller jusqu’au bout de l’intrigue. Est-on dans du fantastique (les mystérieux messages de mort) ? Du policier pur et dur ? La conclusion ne déçoit pas, perverse à souhait et qui réhabilite inévitablement la profondeur de l’être sur les apparences fallacieuses. La narratrice Jane agace un peu avec ses émois d’adolescente – on a du mal à croire qu’elle puisse embrasser tous les garçons qui passent dans sa chambre, alors qu’elle est droguée d’anti-douleurs jusqu’aux yeux. Mais sa naïveté, ses soucis familiaux, sa bonne volonté à aimer les autres font qu’on lui pardonne ces petits défauts. Hantise ne sort peut-être pas du lot moyen d’un roman « ado tendance, tordu et macabre », mais il est bien échafaudé et certainement captivant.
Hantise
De Michelle Jaffe
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laure Porché
Hachette – collection Black Moon – janvier 2011
16 euros
