Les enfants de Willesden Lane

de Mona Golabek et Lee Cohen

traduit de l'américain par Luc Rigoureau

Hachette jeunesse – 2013

Deuxième Guerre Mondiale, piano, biographie : le tiercé résonnait d'un déjà-vu inconscient. Pourtant, le lecteur est d'emblée séduit par le caractère fort de l'héroïne, Lisa Jura, quatorze ans en 1938, et par la volonté de ses parents, qui la font passer en Angleterre via le fameux Kindertransport avant même que le conflit ne soit déclaré. Sa petite sœur la rejoindra plus tard.

Suivie par un narrateur externe, Lisa sera d'abord domestique dans une famille de militaires, avant de rejoindre ce foyer de Willesden Lane, tenue par une Mme Cohen chaleureuse. Elle s'y fera des amis, et surtout continuera à s'exercer au piano (même sous les bombes) sur l'insistance du fils aveugle de la logeuse. Travailler la journée en usine n'empêchera pas cette pétulante jeune fille de réussir un concours de l'Académie royale de musique. Exilée aux Etats-Unis à la fin de la guerre, elle retrouvera ses sœurs (mais pas ses parents décédés dans un camp) et mènera une carrière de pianiste avant d'en donner le goût à ses filles. C'est l'une d'elles qui raconte aujourd'hui.

La force de cette biographie est de ne pas insister sur le pathos d'une guerre que tout le monde connaît, aux acteurs victimes (et même plus que Lisa relativement protégée à Londres), mais de se concentrer sur son personnage principal et sur la façon d'être adolescent dans les années 1940. Détail non négligeable, elle est excellemment traduite.

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