Le rire de Camille : où l’on découvre qu’il n’y a pas de petits chagrins

Auteur : Mathis

Illustrateur : Emilie Harel

Oskar édition - collection Trimestre – 2012

Le rire de Camille : où l’on découvre qu’il n’y a pas de petits chagrins est le huitième numéro de la collection Trimestre, collection éducative qui a pour but de faire naître chez le lecteur une émotion et une réflexion. Celui-ci traite de la tristesse enfantine.

En effet, ce livre nous plonge dans une journée de la vie d’une petite fille prénommée Camille. C’est un jour ordinaire pour elle, sauf qu’aujourd’hui, elle est triste. Nous, lecteurs, faisons la connaissance de l’enfant dès son réveil, ses yeux déjà embués de larmes. Dissimulant son chagrin à ses parents, la journée s’annonce longue et morose ! Elle attrape alors sa poupée et sort de la maison..

On dit que les meilleures rencontres sont toujours inattendues : Camille va en faire l’expérience! C’est adossée aux barreaux du portail qu’elle va croiser le chemin de Bernard, un chien à l’air terriblement triste. Cette rencontre est le point de départ d’une véritable aventure pour elle, aussi bien humaine que révélatrice. Bernard et elles décident de partir en ballade afin d’aider Camille à se débarrasser de son chagrin : cette petite promenade va s’avérer être un grand périple. Au programme : des animaux, un arbre qui parle et surtout beaucoup de tendresse!

L’histoire est touchante mais pas seulement. L’auteur parvient parfaitement à nous faire réfléchir sur un thème trop souvent sous-estimé: le chagrin chez l’enfant. Le choix qu’il a fait de nous raconter une histoire simple et courte nous permet de nous identifier davantage. En effet, on ne connaît pas le chagrin de la petite fille mais ce n’est pas ce qui importe le plus.  L’histoire se focalise essentiellement sur le ressenti de Camille, c’est pourquoi les parents n’interviennent pratiquement pas dans le récit. Ce livre soulève alors des points importants : comment réagir face à la tristesse d’un enfant, que faire, et surtout, rester vigilant.

Outre son caractère pédagogique, ce roman est avant tout empli de tendresse, d’amitié et de complicité.

Le récit se fait par un narrateur omniscient, ce qui facilite la transmission de ces émotions. L’histoire est amusante, attendrissante et mêle avec justesse rire et chagrin. On peut d’ailleurs le remarquer sur la couverture du roman; on voit une larme sur la joue de Camille mais elle semble calme et apaisée: voilà toute l’originalité du livre!

Il ne faut pas oublier les illustrations en bichromie d’Emilie Harel : elles sont belles, profondes, les couleurs orange et noir rendent le livre dynamique et participent pleinement à sa singularité.

Le texte est aéré grâce aux petits paragraphes et aux chapitres courts. Le fait de trouver des illustrations à chaque page rend la lecture d’autant plus agréable.

“Il n’y a pas de petits chagrins. Il y a juste du chagrin” (page 31) résumerait tout à fait la philosophie de l’ouvrage.

En bref, ce court roman est une authentique leçon de vie à la fois tendre et instructive. A conseiller à tout âge !

Justine Romano (Licence pro Métiers de l'édition Paris V)

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