Je suis le chien qui court

de Marc Daniau

Seuil jeunesse - 2013

coeur mini

« Je suis le chien qui court / Je suis le chien qui court et ne s'arrête pas [...] » A la façon d'une incantation, un chien raconte : il file à travers la nuit et des paysages entre ruralité et ville, vers un lieu connu de lui seul et de la chouette qui bientôt l'accompagne et relaie sa parole. La tension monte, le lecteur s'inquiète ; la fin sur une plage (puis dans le ciel) rassure, victoire de la complétude complice et espoir en la beauté du monde.

Au-delà de ce texte, poésie au rasoir rendue pertinemment en une police fine, les illustrations immenses sur leurs double-pages saisissent. Travaillées à la plume noire, elles laissent les héros percer la nuit en couleurs chaudes, rouges et rousses comme... un soleil levant – vous comprendrez en lisant. On appréciera la liberté totale de ces animaux, silhouettes faisant fi des constructions humaines, traçant leur chemin en sens exactement inverse de l'autoroute, par exemple. Même l'innocence enfantine saura apprivoiser les blockhaus du bord de mer (nous sommes sans doute en Normandie).

Tout en lignes de fuite, en mouvements dynamiques, l'album berce autant qu'il réveille, promesse en l'amitié, en la Vie avec un grand V. Anecdote véridique : Fantasia, qui a tendance à s'effrayer d'un rien, a réagi à ces grandes pages expressives, impressionnantes, avec une crainte interrogative... :-)

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