La vie est belle

de Christophe Léon

La Joie de lire – collection Encrage – 2013

Lewis Delacroix fait du yoga. Pas pour le sport, mais pour y rencontrer Julia. Pas pour les beaux yeux de la jeune fille, mais pour... Vous le découvrirez au fil du roman, raconté par un garçon désenchanté qui voudrait redonner une stabilité, une nouvelle chance à sa vie. Choisit-il la bonne voie ? Christophe Léon se garde bien de répondre à cette question, préférant exposer les faits graduellement, en mélangeant savamment les temps – prologue choquant, souvenirs d'enfance empoisonnés par les événements ultérieurs, présent de suspens puis d'effroi pour le lecteur qui a compris -.

C'est le drame d'un adolescent dont personne ne voit la détresse, pas même la mère tournée vers un hypothétique bonheur personnel, pas même le futur beau-père, élégamment surnommé VQR (Vache Qui Rit). Mais c'est aussi et surtout le drame d'un personnage absent du roman parce que décédé, un père de famille écrasé par le monde du travail et ses vicissitudes actuelles. Du jour où l'entreprise Violet Telecom a été privatisée, la vie de cet homme qui se définissait par son travail est partie en lambeaux.

Avec une très grande délicatesse de sentiments, avec un sens aigu de la construction, l'auteur suggère l'inéluctable d'une société qui ne laisse pas de place à la fragilité – c'est-à-dire à l'humanité. Un roman bouleversant, blessant, presque indispensable.

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Ce qui est sûr, c'est que Fantasia va rater sa cible avec une telle photo...