La folle balade de Fennymore Coupure

de Kirsten Reinhardt

traduit de l'allemand par Nelly Ganancia

illustrations de David Roberts

Albin Michel jeunesse – collection Witty - 2013

Depuis la disparition de ses parents, Fennymore Coupure vit seul au Bronks, la maison familiale un peu isolée. Le dimanche, sa tante Babette lui apporte un teckel en croûte de sel qu'ils dégustent ensemble. Un beau jour, elle manque le rendez-vous. Fennymore enfourche Monbijou, sa bicyclette qui se prend pour un cheval, et part au village. Abasourdi, il découvre que sa tante est décédée (d'un abus de teckel un peu rance). Au même moment, il croise un homme fantomatique, un « monsieur gris argent ». En compagnie de Monbijou et de Fizzy Kobaldini, une petite fille de son âge, Fennymore mène l'enquête. Il espère en savoir plus sur la mort de tante Babette, et, pourquoi pas, remonter la piste de ses parents.

Roman d'aventures farfelues, plein d'humour de situation (les teckels chassés à la terrasse d'un café...) et de langage (voir les noms de tous les personnages, les ritournelles du père amnésique), La folle balade de Fennymore Coupure cache aussi des angoisses. La mort (Hubertus, sorte de Faucheuse attristée), la solitude (Fennymore, Hubertus), la pauvreté (Fizzy) débordent par moments et apportent leur grain de profondeur à ce qui aurait pu rester léger.

Capable de se demander si le village existe bien le dimanche parce qu'il n'y va jamais ce jour-là, Fennymore, suivi par un narrateur externe attentif et dessiné à la façon d'un gentil dégingandé, séduit le lecteur par sa tendre naïveté. Il lui arrive plein d'histoire, il retombe toujours sur ses pieds, mais jamais il ne se considère comme un héros, tout préoccupé qu'il est à retrouver une famille. La fin, dans la lignée absurde de l'ouvrage, est un petit régal.

Un tome unique, récompensé en Allemagne, et qui vaut le détour pour son caractère inventif et chargé d'inconscient.

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