Petits contes à régler tome 2 : l'affaire Sherlock H.

de Gaël Bordet

Bayard jeunesse – collection Millézime - 2013

Une nouvelle affaire attend la société secrète du Cyclone : on a retrouvé, cent ans plus tard, un manuscrit inédit de Sir Arthur Conan Doyle dans lequel l'écrivain tue enfin son détective infaillible, Sherlock Holmes. C'est impensable pour le Cyclone, qui envoie donc des agents dans les mondes imaginaires d'Holmes, et plus précisément dans un pensionnat de jeunes filles – le même, hasard ou coïncidence, que celui au sein duquel Helen, une agente, a apparu puis disparu au cours d'une précédente enquête.

Jason, Sybille et Achille, bientôt rejoints par Pandora et Hector, vont se rapprocher de Watson afin d'atteindre le très rationnel Holmes. Il s'agit de modifier subtilement le cours du roman et de sauver encore une fois le héros de papier.

L'aventure peut se lire indépendamment du premier tome, Le cas Rubis C., centré sur les contes de Perrault. Cependant, il faudra s'accrocher pour saisir certains détails, apprécier les relations entre ces tout jeunes agents aux caractères bien trempés (et typés, sans être trop agaçants). J'ai craint de me perdre devant la densité des situations qui s'imbriquent les unes dans les autres, d'oublier le pourquoi du comment de chacun des objectifs poursuivis.

Mais, une fois Holmes présent, l'action s'installe plaisamment et débute un jeu parallèle entre la tonalité fantastique et celle policière. A contrario de Watson qui adopte sans hésiter la nature parfois féérique des agents du Cyclone, ainsi que de leurs ennemis issus du folklore celtique, Holmes refuse catégoriquement toute incursion dans le merveilleux. On le lui cache, d'ailleurs !

L'histoire se développe alors sur une même lancée, mais toujours avec une face cachée (le sorcier Faydit) et une face visible (l'affreux Moriarty) pour le grand homme. A noter des évanouissement opportunistes :-) L'exercice est périlleux mais mené avec conviction par l'auteur, qui réalise une synthèse étonnante de thèmes qui, pris séparément, seraient demeurés communs.

Et comme décidément, tout peut arriver dans ces Petits contes à régler, le cœur impassible de Sherlock se teintera de quelques nuances de chaleur humaine. L'événement constitue finalement bien davantage une révolution que sa disparition pure et simple ! On pense à Jasper Fforde, on tutoie les monuments de la littérature, et on s'amuse beaucoup (dès 11/12 ans).

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