La dernière petite enveloppe bleue

de Maureen Johnson

traduit de l'américain par Julie Lopez

Gallimard jeunesse – 2013

A la demande de ses lecteurs, Maureen Johnson a imaginé la suite de Treize petites enveloppes bleues (Gallimard jeunesse, 2007), joli roman tragi-comique au cours duquel une jeune fille, Ginny, sillonnait le monde sur l'injonction de treize lettres postées par sa tante Peg, une artiste loufoque juste décédée.

Nous rejoignons ici Ginny, revenue en Amérique, à la veille de s'inscrire à l'université. Elle a définitivement abandonné l'idée de récupérer la treizième enveloppe (elles ont toutes été volées avec son sac sur une plage en Grèce) lorsqu'elle reçoit un message d'un certain Oliver, un Anglais qui affirme détenir les précieuses missives... Ginny, fidèle à l'esprit aventurier de sa tante Peg, file pour Londres. Elle y retrouve son oncle Richard, son ami Keith et la nouvelle petite amie de celui-ci, Ellis (grmpf pour Ginny). Le fameux Oliver lui impose alors un odieux chantage...

Dans sa dernière lettre, il semble en effet que Peg proposait à Ginny de composer elle-même sa dernière œuvre post-mortem, en trois temps. Oliver demande à Ginny de l'accompagner pour reconstituer l'oeuvre, dont il s'octroiera ensuite la moitié du produit de la vente, en échange des écrits de Peg, à la valeur hautement sentimentale pour la jeune fille. Contrainte et forcée, Ginny entame donc un nouveau périple européen en compagnie d'Oliver, mais aussi de Keith et d'Ellis bien décidés à l'aider.

Le rythme, l'ambiance du premier tome se retrouvent facilement, entre les petits inconforts du voyage, un humour so british, des rappels mélancoliques de l'absence de Peg, et des interrogations de Ginny sur son avenir... Le lecteur raccroche donc très facilement au projet du roman – se trouver soi-même dans la rencontre avec l'autre et par la générosité d'un disparu -, tout en se demandant le pourquoi de cette suite. En effet, exceptées une ultime bifurcation des ambitions de Ginny et une petite réflexion sur la notion d'oeuvre d'art (Qu'est-ce qu'un auteur ? Quid de la composition ? etc), cette sympathique balade n'apporte... rien. Elle prolonge le plaisir sans radicalement changer la donne, comme une musique assourdie qui n'en finirait plus de nous réjouir l'oreille. Au final, on se glisse encore aisément parmi ces personnages en construction (Oliver est aussi compliqué que Ginny ou Keith), avec le sentiment que la vie n'avance jamais qu'insensiblement.

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