Sept jours à l'envers

de Thomas Gornet

Rouergue – collection DoADo – 2013

De dimanche à lundi, jour par jour, mais dans un ordre chronologique inversé, le narrateur adolescent raconte un décès. De qui ? Un proche (voir les souvenirs dialogués), et on devine peu à peu le lien de parenté. Comment ? Un accident de voiture, mais seules les dernières pages nous révéleront la cruauté particulière de l'événement. Bien sûr, l'émotion nous étreint dès l'enterrement. Pourtant, vivre non pas l'acceptation de la disparition au fil des pages, mais au contraire une hébétude croissante et différente selon chacun est certainement davantage poignant que dans l'autre sens.

Les petits détails répétitifs – une tartine, un cours d'arts plastiques, des démarches... - rappellent évidemment la course éternelle du temps. Et parce que le roman est court, concentré sur un ressenti, parce que le procédé de construction innove, Sept jours à l'envers parvient aisément à nous concerner, nous inquiéter. La petite devinette, absurde après la mort autant qu'elle était sympathique dans le monde des vivants, parachève cet exercice de soixante-dix pages tout en sensibilité.

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