L'école de la mort

de Lilian Bathelot, Charlotte Bousquet, Martial Caroff, Béatrice Egémar

Editions Gulf Stream – collection Courants noirs – 2013

On connaissait le pouvoir du savoir, mais on ne soupçonnait pas l'apprentissage mortel. Enfin... Quatre des auteurs de la talentueuse collection « courants noirs » inventent chacun deux nouvelles se situant dans des contextes historiques très divers (l'Egypte ou la Grèce antique, le Canada du début du XXème siècle, le Grand Siècle français et même la Russie soviétique et la Préhistoire), mettant en scène des personnages au statut identifié d'élèves et de maîtres.

L'histoire – soyons clairs : le meurtre – se raccroche soit strictement au fait d'un savoir supérieur à un autre (ou de bénéfices générés par ces savoirs), soit brode autour des turpitudes humaines, inévitables dans un groupe clos. C'est ainsi qu'une demoiselle de Saint-Cyr veut cacher son amour secret (Béatrice Egémar) et que deux jeunes tireuses de l'Armée Rouge se battent pour une pierre porte-bonheur (Lilian Bathelot).

La qualité est comme d'habitude au rendez-vous, avec des écritures impeccables et des figures fortes, touchantes de détresse ou saisissantes de volonté. L'usage constant d'un narrateur externe, et souvent du discours indirect libre, font ressortir le côté « choquant » de la nouvelle en un savant mélange de distance et de compréhension.

Les préférées de Fantasia ? « Le maître des pierres » de Martial Caroff, pour le côté premiers pas de l'humanité et son héros timide, ainsi que « Les fantômes de Saint-James » de Charlotte Bousquet, pour l'aspect devoir de mémoire et son personnage principal délirant. Un recueil puissant par ses nuances, qui sait s'emparer du thème générique de l'école de... la vie, au fond, aussi cruelle soit-elle.

IMG_8280