Douze minutes avant minuit

de Christopher Edge

traduit de l'anglais par Laurence Kiefé

Flammarion - 2013

Angleterre, 1899. Tous les soirs, exactement douze minutes avant minuit, les pensionnaires de l'asile de Bedlam, Londres, se réveillent et écrivent, encore et encore, sur n'importe quelle surface disponible, de sombres prophéties délirantes. En désespoir de cause, le directeur fait appel à Montgomery Flinch, auteur fantastique à succès du journal « Le Frisson illustré ». Ce qu'il ignore, c'est que le magazine est tenu par une toute jeune fille de treize ans, Penelope, qui en a hérité de ses parents et paye un acteur pour jouer le rôle de l'écrivain... Dans l'ombre, elle va mener l'enquête.

Les similitudes avec la Penelope Green de Béatrice Bottet sont frappantes : même atmosphère du Londres victorien partagé entre bas-fonds absolus et beaux quartiers aux secrets peu reluisants, même héroïne volontaire, journaliste, secondée par un gentil jeune homme débrouillard, même type d'intrigue avec mystère à résoudre. Mais alors que Béatrice Bottet explorait une veine réaliste (passés les présupposés de l'aventure), Christopher Edge opte pour le fantastique assumé, couplé donc à une histoire de type policier.

La piste des araignées arrive assez rapidement, et on l'accepte peut-être avec un peu de déception : le suspens n'a pas duré très longtemps. Cependant, notre héroïne, suivie par un narrateur externe, n'est pas au bout de ses peines et le lecteur aura ainsi l'occasion de rencontrer les grandes plumes de cette fin de siècle : Sir Arthur Conan Doyle, H. G. Wells... C'est bien vu en ce qui concerne ce dernier, car les écrits des patients naviguent eux aussi dans le temps, relatant rien d'autre que notre XXième siècle, de guerres et de sang, de découvertes scientifiques et de bonds sociaux. Ne vous inquiétez pas, tout cela va brûler avant d'être exploité...

Un honnête roman historico-fantastico-policier, accessible dès 11/12 ans, et premier tome d'une série qui n'a pas froid aux yeux !

IMG_8228