Cabaret tome 3 : Diva

de Jillian Larkin

traduit de l'américain par Bee Formentelli

Il me tenait à cœur de terminer cette série située au début du XXème siècle, quelques années avant la Crise de 1929. Et c'est finalement ce dernier tome de trois le meilleur : rythmé, jouant sur les fronts de plusieurs actions, suffisamment romantique et invraisemblable pour ébahir, suffisamment ancré dans des réalités historiques pour qu'on y croit, et offrant une fin endiablée dont je vais me souvenir ! Alternativement sous la focalisation d'un narrateur externe, les garçonnes Gloria, Clara et Lorraine ont la part la plus grosse face aux « beaux », rouages certes essentiels à l'action mais assez peu présents en tant que personnages. Au long des ouvrages, elles ont évolué, grandi sinon mûri, pour finalement décider de placer l'amour au-dessus de toutes les autres valeurs (mmoui). Un peu de féminisme, Fantasia aime bien, même si la fin consensuelle leur apporte à chacune l'homme de leur vie.

On s'imprègne de la musique jazz et des danses de l'époque (foxtrot et compagnie), on ouvre de grands eyxu devant les descriptions des robes – c'est clairement un roman pour filles, mais il n'y a pas d'abus décoratifs, et même quelques variations intéressantes sur l'architecture et le design. Le riche, jeune et mystérieux Forrest prend par moments des allures de Gatsby, décidément figure universelle en temps de crise économique. Si l'histoire tarabiscotée (et donc captivante) ne va pas révolutionner la littérature, la passion palpable de l'auteure pour son sujet fait de Cabaret un honnête divertissement à lire dès 15 ans, flamboyant à la façon des cheveux roux de Gloria. Manque juste un peu de subtilité. 

« Tous les invités de cette soirée s'efforçaient presque désespérément de prouver à chacun combien ils étaient intéressants, combien ils étaient merveilleux. Ces gandins et ces garçonnes étaient censés être les gens qui aimaient le plus s'amuser au monde. Mais, quand on doit fournir autant d'efforts pour s'amuser, y a-t-il encore place pour l'amusement ? » (p. 140)

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