Kat apprentie magicienne tome 1

de Stephanie Burgis

traduit de l'anglais par Rosalind Elland-Goldsmith

Seuil jeunesse – 2013

Angleterre, 1803. Kat, douze ans, s'inquiète du mariage arrangé par sa belle-mère pour sa sœur aînée, la douce Elissa : elle doit s'unir à un vieux Sir très riche, soupçonné d'avoir tué sa précédente femme... Et ce n'est pas leur père, pasteur sans le sou peu préoccupé du quotidien (on ne le voit pas dans le roman), qui voudra entendre Kat. Alors, comme son autre sœur Angeline, la petite fille envisage de suivre les traces de leur mère, une magicienne. Elle se révèle peut-être pas très douée, mais très inspirée...

Un peu affolée par ses pouvoirs, modeste mais volontaire, aimante par-dessus tout (sans oublier un zeste de coquinerie), Kat fait penser à la Rose de Holly Webb. Comme elle, elle évolue à une époque où la condition féminine n'était pas à son avantage, mais, sans révolutionner son monde, elle va la modeler selon ses besoins. L'idée est toujours efficace sur un lecteur happé à la fois par la découverte historique et le mode fantastique. Alors, quand en plus l'héroïne et narratrice combine impertinence et émotions, l'identification est assurée pour les 10/12 ans.

Il s'agit d'un tome un : il y a de l'action (façon Jane Austen à la sauce Barbe bleue, c'est bien ficelé) en suffisance, mais les aspects magiques sont encore peu développés. Il y aurait des Prêtresses, aux dons supérieurs à ceux des sorcières. Il y a un Hall doré, point de départ, et de rencontre aussi, de cette magie particulière. Et il y a donc Kat, qui se découvre seule héritière de sa mère, laquelle se serait perdue moralement (selon les règles des Prêtres et Prêtresses) en épousant son père... De nouvelles batailles s'annoncent pour la toute jeune fille, peut-être même au sein de son nouvel ordre. Adorable et piquant, pas fifille pour un sou.

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