Le théâtre du poulailler

Helen Peters

traduit de l'anglais par Vanessa Rubio-Barreau

Gallimard jeunesse – collection Folio junior - 2013

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Depuis la mort de sa mère, Hannah a pris en charge ses deux jeunes sœurs, Jo la sensible et Martha la peste, tandis que leur père perdu par son chagrin se réfugie dans les travaux de leur ferme à l'ancienne. L'échappatoire de la très jeune fille : le théâtre, aussi bien en tant qu'auteur/metteur en scène que comédienne. Avec son amie Lottie, elles ont décidé de s'inscrire en secret à un concours et de monter leur propre salle dans un coin abandonné de la ferme. Mais le joli projet est perturbé par les angoisses d'Hannah quant à une possible expulsion de la ferme, dont le propriétaire rêve de faire un ensemble immobilier.

Sur la première de couverture, une appréciation de Michael Morpurgo : la filiation est évidente, lumineuse. La chaleur humaine, l'amour de la nature, la sincérité enfantine s'opposent avec force aux finances avides, et, contre toute attente, gagnent. Il faudra certes beaucoup de chance, ainsi qu'un goût prononcé pour les arts (théâtraux ou picturaux, gardons le rebondissement secret), mais le loyer sera payé et le propriétaire mouché.

Le narrateur reste externe, et pourtant le lecteur s'identifie totalement à Hannah. Avec elle, il vibre lorsque la petite pièce se monte, il tremble quand les vaches sont vendues à une exploitation intensive, il s'amuse de voir le gros mouton Jasper botter les fesses de l'agent immobilier. Très (trop) mature pour son âge, la petite fille sait puiser sa force dans sa passion et dans sa famille – l'unique fois où le père, quoique mutique et lointain d'habitude, pleure est une catastrophe. Faire contre mauvaise fortune bon cœur, aller de l'avant et croire en sa bonne étoile sans demander la lune sont les formidables leçons de vie que l'héroïne nous transmet, et c'est magique. Sur une histoire à la fois simple, pure et inventive (petits et grands suspens), Helen Peters a su poser une écriture impeccable de naturel : on adore. Dès 10 ans et surtout, surtout, sans limite d'âges pour se ressourcer.

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