Le Clan des chiens tome 1 : sur la piste des hommes

de Christopher Holt

traduit de l'américain par Amélie Sarn

Seuil jeunesse – 2013 

Max, labrador de ferme choyé en pension chez le vétérinaire, se réveille un beau jour seul, enfermé et affamé. Un minuscule teckel, Rocky, l'adopte et lui montre la réserve de croquettes. Rocky se barricade par crainte d'une meute de loups enragés. Mais Max persuade son nouvel ami de partir à la recherche des maîtres. Le plus gros des chiens arrimé à un chariot rempli de croquettes, ils se dirigent vers la ville, pour trouver d'abord Madame, vieille labrador pleine de sagesse qui avait senti un danger venir et avait voulu prévenir Max. Le monde sans les humains, en apparence beaucoup plus calme, donne lieu à de nouvelles organisations, parfois brutales, dont nos deux héros vont faire les frais.

Régulièrement pourchassés par les loups, ils rencontrent un rassemblement de chats, une clan de chiens rachitiques sous la houlette d'un caniche paranoïaque, des bienheureux se nourrissant de rats dans le métro, des chiens rendus fous de faim et de chagrin, et enfin la Corporation, avec à sa tête un tyran de doberman aux volontés hégémoniques. Max se bat, Rocky entoure d'artifices, et Bidule, la petite yorkshire venue les rejoindre, charme. A eux trois, ils ne vont pas sauver tout le monde, mais tenter de comprendre... Ce n'est que le début d'aventures à la recherche des humains, lesquels, on le pressent, ont encore voulu jouer aux apprentis-sorciers.

The Walking Dead et La Ferme des animaux réunis ! Le Clan des chiens promet une bonne et originale série junior de type dystopique/post-apocalyptique. Suivis par un narrateur externe souvent centré sur Max, les chiens, personnages attachants à la psychologie bien faite, valent autant que des hommes, la panique en moins puisqu'ils ne comprennent pas ce qui se passe, juste malheureux sans caresses (et, dans le cas de Rocky, inquiets des repas). Hélas, la folie du pouvoir ne les épargne pas, avec différents exemples tout à fait propres à des comportements humains, pour le coup.

Indépendants à l'extrême, les chats ne parviennent pas à s'unir. Volontiers suiveurs, les chiens s'organisent eux en groupes – et c'est là que l'alpha mal intentionné trouve sa place. Certaines scènes font vraiment froid dans le dos, tandis que le mystère de la disparition des maîtres s'épaissit après la rencontre avec Madame (contagion par un virus ?). Max, Rocky et Bidule reprennent la route jusqu'à l'océan. Et on les suit avec un intérêt fébrile ! Au niveau de la reconstitution animalière, Le Clan des chiens n'atteint peut-être pas la finesse littéraire de Dog Lands ou la douce poésie de Mes Vies de chien, mais le côté très chaleureux destiné aux plus jeunes (le roman se lit dès 10/11 ans), le clin d'oeil à la tendance de l'anticipation catastrophique emportent la mise ! Une lecture... puissamment originale.

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