Vampires, cartables et poésie

De Sébastien Joanniez

Rouergue – collection DacODac – 2013 

Le petit narrateur fait partie d’une famille « Magique ». Ses parents sorciers passent leur temps à se reposer, laissant le soin à l’Oeil de contrôle de surveiller leur fils, tandis qu’évoluent ogres, vampires, licornes, Blanche-Neige et Jésus dans le salon. Mais notre héros ne veut pas se reposer sur ses dons. Il se lève le matin, s’habille tout seul, va à l’école, et écrit des poésies.

Il nous raconte ici quelques jours de sa vie et sa rencontre amoureuse avec une camarade de classe (ah, ce spectacle de fin d’année). Son récit est ponctué de poèmes (en italique), donc, et de considérations de choses vues sur le chemin de l’école : Le vieil homme et ses tomates, Le cheval qui s’appelle Gaston, La forêt des gyrophares… Employés avec une majuscule, ces éléments sont presque sacralisés, car notre héros est sans doute impressionnable…

Dans son ensemble, le texte au présent paraît complètement farfelu, plein d’humour caché. Mais si on plonge dans l’univers « Magique » du petit garçon, si on l’admet comme hypothèse, ressort un enfant sensible, aimant, à la fois décidé sur ce qu’il ne veut pas et plein de doutes à propos de son avenir. Mais soyons en sûrs, il y aura de la poésie. Un mini roman émouvant et créatif, à prendre comme un joli rêve. 

« On dirait Carnaval : les Fées défont leurs tresses dans la salle de bains, les Lutins jouent dans le couloir, les Ogresses préparent un festin dans la cuisine. On dirait Carnaval, mais c’est le Grand Repas : comme tous les samedis soirs, mes parents réunissent la Famille Magique pour manger, boire et danser jusqu’au bout de cette nuit. » (p. 35) 

« Ecrire La fille qui m’embrasse, lentement, très lentement, écrire jusqu’à demain : La fille m’embrasse, et retenir les lettres longtemps. » (p. 62) 

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