Dis bonjour à Zorro !

de Carter Goodrich

traduit de l'anglais par Emmanuelle Beulque

Sarbacane – 2013

Décidément, on voit de plus en plus de chiens chez Fantasia. Serait-ce à dire qu'au fond, mais alors au fond du fond, peut-être, canins et félins se ressemblent un peu ? Mouais. Dis bonjour à Zorro ! tend malgré tout à prouver que l'idée a du vrai.

Mister Bud est un gros nounours de race indéfinie, vivant gâté comme un coq en pâte, dans sa maison à lui. Sa maîtresse (on suppose que c'est une femme aux mains fines et aux ballerines, mais jamais on ne verra son visage) suit avec rectitude son emploi du temps, ses horaires très personnels : réveil, petit déjeuner, promenade, sieste, etc. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsqu'un soir de retour du maître, au moment sacré de la démonstration de joie, arrive un inconnu. Tout petit, tout pas content : un mini-carlin nommé Zorro. D'abord, c'est la guerre. Et puis, un beau matin, les deux loulous se rendent compte qu'ils ont... exactement les mêmes horaires. Leurs vies de patachons peuvent alors s'épanouir ensemble...

Je ne connaissais pas Carter Goodrich mais, lorsque j'ai appris qu'il avait été illustrateur pour le New Yorker, je n'ai pas été étonnée : son trait acéré mais tendre, sa vision suggestive des situations, sa façon de donner vie et expression (à la fois très canines et très humaines) en quelques coups de crayons correspondent parfaitement à l'esprit vif de la revue. Quant à l'humour, on peut éventuellement le rattacher à sa participation aux studios Dreamworks : il était en effet derrière Moi, moche et méchant, Ratatouille...

Donc, ce charmant album un brin moqueur des petites habitudes, au texte minimaliste et à la philosophie toute simple – à deux, c'est mieux – a eu l'heur de plaire à Fantasia. Certes, elle a bien froncé du nez en constatant que sa journée ressemblait étrangement à celle de Mister Bud – adaptation complète de la maîtresse à ses petits besoins incluse. Ce gentil toutou qui ne veut de mal à personne (sauf à Fil, mais c'est un chat roux, ça ne compte pas) a toutefois fini par emporter son adhésion et elle n'hésitera pas à conseiller le livre à tous les jeunes lecteurs dès 5 ans. Nul doute qu'ils transposeront facilement la situation de l'univers animal à celui des hommes (apprentissage de la vie en société, pourquoi pas interrogations sur un nouveau bébé dans la famille...).

En 2014 est prévu Un Manteau pour Zorro : là, Sophie est nettement moins sûre que Fantasia, déjà rebelle farouche du collier ou du harnais, fonde aussi facilement...

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© Carter Goodrich et Sarbacane

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9/20