Dark Eyes

de William Richter

traduit de l'américain par Raphaële Eschenbrenner

Albin Michel jeunesse – collection Wiz – 2013

Adoptée toute petite dans un orphelinat russe, Wally a vécu une enfance aisée à New-York. Désormais âgée de seize ans, la jeune fille se révolte contre ses parents adoptifs (et divorcés) qui ont entretenu selon elle un trop grand mystère autour de ses origines. Elle fugue, vit dans la rue ou presque en compagnie de quelques amis : Ella, Tevin, Jake, des adolescents aux passés douloureux qu'elle entraîne dans son sillage d'efficaces petites rapines. Et puis un jour, presque par hasard, on lui remet une enveloppe contenant des documents la concernant. Elle découvre une lettre émouvante de sa mère, et des informations sur son père, un mafieux russe. Heureuse malgré tout de remonter la piste, Wally ne s'imagine pas les dangers qu'elle – et ses compagnons – courent...

La quatrième de couverture compare Wally à Lisbeth Salander, fameuse figure de la trilogie Millenium, et il est vrai que, dans l'esprit, on n'en est pas très loin. D'une part les intrigues intimes se ressemblent (mais chut, n'en disons pas trop surtout !), d'autre part les héroïnes se révèlent également impulsives, meurtries et fortes tout à la fois. Certes, Wally n'est pas un petit génie de l'informatique, mais elle possède un solide instinct pour l'enquête, qui la mènera tout droit dans des aventures aussi mortelles qu'illégales. On s'attache vite à cette contradictoire et hyper-sensible jeune fille, suivie par un narrateur externe pourtant très factuel.

L'auteur, scénariste, sait découper son (premier) roman en séquences alternativement psychologiques et musclées, en fausses pistes inabouties et en accélérations brusques. Il a le sens du détail qui rendra la scène crédible et marquante, et il n'hésite pas à laisser de côté de trop longues digressions (je pense aux relations amoureuses avec Tevin ou Nick, par exemple) pour se centrer sur l'action et sur l'intense histoire principale. Tout se passe comme s'il nous menait un peu par le bout du nez avant de révéler d'importants secrets in extremis, nous laissant alors tourneboulés. C'est bien fait, efficace et finalement très naturel - le lecteur se fait son propre petit film dans la tête.

Et pour tout cela, Dark Eyes compose un roman trépidant et pragmatique, à conseiller à à peu près n'importe quel type de lecteur dès 14 ans !

 

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