On n’a rien vu venir

Roman à sept voix : (A.G. Balpe, C. Beauvais, S. Beau, A. Laroche, S. Vidal, F. Robin, A. Heurtier)

Illustrations d’Aurore Petit / Préface de Stéphane Hessel

Editions Alice – Collection Deuzio - 2012

 

Voter, ça sert à rien

Sept auteures signent un roman d’anticipation, préfacé par Stéphane Hessel.

En pleins bouleversements politiques et conflits mondiaux, l’avis des enfants n’a pas sa place.

Quel enfant n’a jamais dit, « voter ça ne sert à rien » ? Et combien d’adultes ?

Très vite, ça va mal                                                                                                                  

Nous sommes invités dans sept familles nées de sept plumes.

Ce soir, le parti liberticide est élu. Parce qu’on croyait au changement, diront les parents. Les enfants ne comprennent pas pourquoi les copains deviennent tout à coup « trop foncés », les parents « trop hippies », les voisins « trop vieux »…

Une question si simple, enfantine : pourquoi on n’a rien vu venir ?

Un roman pour tous les résistants, petits ou grands

A chaque chapitre l’enfant rencontre un nouvel univers qui se fond dans les autres, sans décalage. J’ai beaucoup apprécié l’écriture fluide. C’est ici une des forces de l’ouvrage : je me reconnais dans au moins l’une de ces familles.

Un autre atout : qui mieux qu’un enfant, un copain, pour expliquer tous ces sujets difficiles : la démocratie, les élections et le pouvoir de nos (non) choix. Le ton est léger, on parle de l’école, des copains, des amoureuses et des parents. Un apprentissage des conséquences en douceur parfois triste ou ludique.

Heureusement, la violence est tacite : exclusion des homosexuels, des handicapés... Les adultes y reconnaîtront des faits historiques. Mais cette fois, les enfants seront les résistants. Le rouge et le noir de l’illustratrice jeunesse Aurore Petit entrent dans le ton. Les images pleines de poésie apportent du courage aux héros et lecteurs. La couverture amorce l’histoire : de sages enfants et parents, au garde-à-vous, blancs et uniformisés.

Ce roman est une arme de résistance efficace et abordable. On y apprend le civisme, la citoyenneté et l’égalité. Un vrai coup de cœur, qui a déjà conquis tous les âges et beaucoup de chats (dont Fantasia, bien sûr !!).

Une contre-utopie grâce à laquelle on aura vu venir !

Adèle Schiffner - LP Métiers de l'Edition

 

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