Kiki et Rosalie

de Ronan Badel

Sarbacane - 2013

petitscoeurs

 

 

« Rosalie aime Kiki et Kiki aime Rosalie, et ils se moquent bien de ce que peuvent penser les autres. »

 

A la mort de son mari, Rosalie est seule à s'ennuyer devant la télévision. Son fils lui offre alors Kiki, boule de poils riante et remuante : Rosalie retrouve immédiatement le sourire et l'appétit. Mais de petit chiot, Kiki devient gros doudou, et les voisins se plaignent. Rosalie est donc envoyée en maison de retraite et Kiki à la fourrière. Puis Kiki est adopté, et il pourrait être heureux au milieu d'autres Kiki de toutes les couleurs. Mais Rosalie, qui déprime elle aussi dans sa petite chambre, lui manque...

Les nouveaux maîtres de Kiki sont alors à leur tour victime de voisins chagrins, et ils décident de s'installer tout près de la maison de retraite de Rosalie. Les retrouvailles entre les deux amis sont intenses ; tous les Kiki peuvent désormais gambader de conserve avec les personnes âgées, qui trouvent dans cette relation avec les animaux une nouvelle jeunesse.

Avez-vous remarqué depuis quelques années que de plus en plus d'albums, de petits romans, traitent de la vieillesse et des relations entre les générations ? Evolution démographique et phénomène de société obligent, sans aucun doute. Kiki et Rosalie était plus particulièrement destiné à Fantasia car il évoque un sujet très cher à son cœur. En effet, moins de la moitié des maisons de retraite en France acceptent les animaux de compagnie, alors qu'il est prouvé que cette compagnie, justement, n'a que des effets bénéfiques sur le moral et la santé des résidents.

Revenons-en à notre irrésistible album qui sait faire danser les émotions avec une grâce folle. Il y a de la solitude de la personne âgée, il y a de la joie d'être ensemble, il y a de la tristesse causée par la séparation, il y a de l'humour dans la maladresse (de Kiki), il y a de la complicité malicieuse (entre les chiens et les vieux messieurs), il y a du temps qui passe et beaucoup, beaucoup d'amour... Tout cela en quelques phrases courtes au présent dont le côté factuel renforce la sensibilité, et en des dessins merveilleux, un peu brouillons, pleins de vie.

Ronan Badel cultive les détails signifiants – le fils dont on ne voit que la main, la feuille morte qui vole de Rosalie à Kiki séparés, etc – et les mines expressives, faisant de Kiki un espèce de grand enfant naïf absolument adorable. La fantaisiste idée des chiens tous semblables à Kiki mais au poil coloré (bleu, marron, un peu rose...) est quant à elle géniale d'espièglerie, tandis que les larges sourires des retraités vaut son pesant de bonne humeur tendre.

Que vous dire de plus sinon que cet album, découvert un peu par hasard, est un des premiers grands coups de cœur personnels de Fantasia, et qu'on ne se lasse pas de le lire et de le relire... Kiki et Rosalie, ou de l'art subtil de parler de la fuite du temps aux enfants.

 

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© Ronan Badel, Sarbacane

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1/20