Lumen

De Robin Wasserman

Traduit de l’américain par Maïca Sanconie

De La Martinière jeunesse – collection Fiction J – 2012

Nora n’est encore qu’au lycée, mais, surdouée du latin, elle va accompagner deux étudiants, son meilleur ami Chris et son amoureux Max, dans la traduction de documents datés du XVIème siècle, écrits par un alchimiste praguois et sa fille adoptive, Elizabeth. Le professeur à l’origine du projet confie à Nora les lettres d’Elizabeth, et la jeune fille se lance à corps perdu dans sa tâche, très émue par cette femme sacrifiée pour sa mère, son frère et aussi pour son père, l’alchimiste. Avant sa mort, ce dernier a en effet confié à Elizabeth un secret brûlant que tous ont voulu lui arracher, celui du Lumen Dei, une sorte de machine complexe censée unir l’humain et le divin.

Nora ressort bouleversée de ses lectures et de leurs implications à l’époque. A l’époque, oui, mais tous ces complots à la recherche d’un pouvoir suprême sont-ils bien enterrés ? L’assassinat du professeur, puis de Max, et enfin la disparition de Chris plongent Nora dans la confusion. Accompagnée de son amie Adriane et d’Eli, un mystérieux cousin de Max, elle part en Europe, sur les traces d’Elizabeth…

Je craignais un effet « Da Vinci Code », des révélations croustillantes sur la vie de Jésus qui m’auraient agacée : l’auteure les évite fort heureusement. Et elle choisit de mettre en place un roman que je qualifierai d’abord de campus américain (ah, cette vieille chapelle isolée…), puis d’aventures échevelées tendance espionnage à travers la belle ville de Prague. L’intrigue reste compliquée, et on ne comprend pas franchement ce qu’est, concrètement, ce Lumen Dei. Il va sans dire que mon esprit terre-à-terre en est ressorti fâché. Toutefois, l’angoisse permanente des personnages, les fausses pistes, les non-dits et les soupçons prennent largement le pas sur les quelques points d’interrogation liés au secret de l’alchimiste.

J’ai aimé également la relation à travers les âges qu’entretiennent les deux personnages féminins ; des extraits des lettres d’Elizabeth parsèment avec justesse la narration assumée par Nora, que l’on voit s’identifier peu à peu et à son insu, à la jeune disparue du passé… Lumen est une lecture touffue qui perd son lecteur, mais avec une inquiétude délicieuse et une excellente maîtrise de construction. Enfin, j’ai toujours voulu reprendre le latin, ça m’a donné des idées…

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