la Mort s'invite à Pemberley

de P.D. James

traduit de l'anglais par Odile Demange

Fayard - 2012

Elizabeth Bennett a épousé Darcy, Jane le gentil Bingley et Lydia l'inconstant Wickham. Six ans ont passé depuis les premières rencontres, les enfants sont venus, l'amour est encore vif. Alors qu'un bal approche à Pemberley House (la maison des Darcy), Lydia va vouloir s'imposer, mais sans son mari, devenu persona non grata suite à différents scandales. Le voyage nocturne tourne mal : un ami de Wickam est tué dans la forêt. Wickham devient le principal suspect. Face à une Lydia incapable de faire face, Darcy et Elizabeth vont assumer les responsabilités.

C'est évidemment un plaisir de retrouver les personnages d'Orgueil et Préjugés de Jane Austen (excellent rappel des événements en début de livre). C'est encore très agréable de constater que P.D. James a respecté le rythme à la fois lent et virevoltant du roman, une valse des sentiments (ici pas qu'amoureux) entre bienséances et passions. Bon, l'écriture n'est toutefois pas tout à fait la même, tant pis. L'intrigue policière tarabiscotée comporte de nombreux secrets – rassurez-vous, ils ne concernent pas les deux héros principaux -, et on s'y laisse facilement prendre. Il est par ailleurs intéressant de suivre les considérations sociales introduites par P.D. James : gentilhommes conservateurs de province, riches et parfois frivoles Londoniens s'opposent à une nombreuse domesticité pour l'essentiel satisfaite (ou invitée à l'être) de son sort. On ne voit pas les paysans, d'une part parce que ce n'est pas tout à fait le propos, d'autre part peut-être parce que leur petit univers va être bientôt remis en cause par une précoce Révolution industrielle. Un monde inique se dessine, mais dont P.D. James montre bien l'aspect stable, et, quelque part, reposant lorsque tout se passe bien. Un roman bonbon qui combine goût de la littérature et goût de l'Histoire, à savourer et faire durer !

 

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